DESCRIPTION DE LA RAPE DE MM. DEROSNE ET CAIL
PIG. ff ET 7, PL. 17.
Cette râpe est construite d'une manière beaucoup plus solide et plus parfaite que la précédente ; elle est aussi destinée à faire notablement plus, d'ouvrage et à opérer avec plus de célérité, tout en faisant les pulpes plus fines. Depuis longtemps déjà , M. Paycn, professeur de chimie au Conservatoire, a démontré dans ses cours l'utilité d'imprimer aux tambours des râpes une rotation très-rapide, en donnant une très-faible pression pour que les tubercules soient divisées le plus possible. MM. Derosne et Cail ont disposé leurs appareils sur ce principe ; et pour parvenir à augmenter considérablement le produit , ils les construisent généralement avec un tambour double en longueur, et quatre sabots ou poussoirs qui marchent successivement et tous par l'action même de la machine, et non par la main de l'homme.
Ces constructeurs se sont arrangés pour que la machine occupât le moins de place possible , tout en réunissant sur le même bâtis les différentes pièces mobiles. Le tambour A est un cylindre en fonte creux, fermé aux deux bases opposées et ayant quatre joues, entre lesquelles sont engagées les lames dentelées et les calles qui les séparent pour les tenir trèsfortement serrées. L'arbre de couche B, sur lequel le cylindre est fixé , après avoir été tourné très-exactement en dedans comme en dehors, pour être parfaitement rond, porte à chaque extrémité une poulie semblable C, afin de pouvoir être , au besoin , commandé à la fois des deux côtés. Nous croyons qu'il est généralement bien de faire mouvoir ainsi un tambour à de grandes vitesses par les dêux bouts, parce qu'alors il n'y a pas à craindre de vibration , d'effort plus grand vers une base que vers l'autre; il est bon aussi que la commande se fasse par le bas plutôt que par le haut , afin de ne pas fatiguer les chapeaux des coussinets de l'arbre , ni les boulons qui les retiennent. On conçoit que tout le système présente de cette sorte plus d'assise, plus de solidité, et offre beaucoup moins de chance de dérangement.
Les paliers de cet arbre sont fondus avec le bâtis même , qui se compose simplement de deux forts châssis verticaux et parallèles J , assujétis sur une plaque d'assise et se prolongeant sur le devant , du côté des poussoirs D, pour porter ceux-ci et , en môme temps , les axes qui les font avancer contre le tambour.
Ces poussoirs sont en fonte, de la forme indiquée sur la coupe transversale (fig. 6), ils portent sur les flancs une petite rainure qui leur permet de glisser parallèlement sur les saillies ménagées a l'intérieur des joues verticales fondues avec le plan incliné E. Des tiges rf, terminées chacune
par un bouton cylindrique que l'on fait engager dans l'entaille pratiquée à la base de ees poussoirs, les retient au sommet des balanciers oscillants F, auxquels on imprime un mouvement de bascule qui est extrêmement lent dans un sens pour l'aire avancer |e> sabots contre le cylindre ; mais qui est, au contraire, assez rapide dans le sens opposé pour les faire reculer et permettre de mettre de nouvelles b th raves à la place de celles qui ont été râpées. Ces balanciez sont en fonte "cl ont leur point d'appui et leur extrémité inférieure sur la plaque d'assise; ils oscillent indépendamment les uns des autres sur l'axe fixe c, de sorte qu'ils n'occupent pas la môme position: tandis que l'un est a la fin de sa course, un autre ol au rominencement, et les voisins sont dans des positions intermédiaires. De courtes bielles en fer forgé / assemblent ces balanciers, par articulation , avec la tétfl des leviers à galets Gj qui sont également en fonte et mobiles chacun sur un second axe fixe e ; ce- le\ iers sont munis de galets cylindriques pour rece\oir l'action des cames a développante g qui tournent avec l'arbre de couche /<, avec lequel elles sont solidaires ; cet arbre remplace, avec avantage, l'arbre coudé G de la machine précédente; il est commande par la grande poulie II, que l'on met en communication avec le moteur, de manière que sa rotation soit très-lente. La poulie folle H' permet d'interrompre ce mouvement à volonté.
Il e>t facile de comprendre que, lorsque l'appareil est en activité, les « aines agissant successivement contre les leviers à bascule , auxquels elles correspondent , les poussent lentement de gauche à droite, et, par suite , l'ont marcher les balanciers dans le même sens, ce qui force les pouss à s'avancer contre le tambour, et par conséquent , à presser les betteraves contre les lames dentées qui les réduisent alors en pulpe d'autant plus fine que leur vitesse de rotation est plus grande par rapport a l'avancement graduel des sabots. Dès que les cames, qui ne sont prolongées que jusque les 5 » de la circonférence , abandonnent les galets, les balanciers re\it rinent aussitôt, parce qu'ils sont rappelés par les contre- poids 1 adaptés aux bras coudés f, qui font nécessairement corps avec les leviers h bascule. On voit alors que les poussoirs sont ramenés a leur punition primitive beaucoup plus rapidement qu'ils n'ont été poussés (outre le cylindre, ce qui donne aux mi rons le temps de porter de nouvelles betteraves à l'appareil.
Toute la pulpe tombe, au fur et à mesure qu'elle est produite, sur un plan incline et de là dans une auge en fonte L d'où on la prend pour la mettre dans des sacs ou des etendelles et la transporter aux presses qui doivent en extraire le jus.