TRAVAIL DE LA MACHINE
La laine brute étendue sur la toile sans fin vient s'engager dans les six cylindres alimentaires dont les rangs de pointes sont divisés, conformément aux engrenages qui les commandent , de sorte qu'elles se marient ou s'engrènent les unes dans les autres et retiennent la matière, en évitant toute pression nuisible au travail.
Pendant tout le temps qu'on charge le cylindre peigneur, les supports à coulisse sont tenus éloignés, de telle sorte que les rouleaux occupent la position indiquée en ponction sur la coupe fig. 8 ; mais quand ce cylindre est suffisamment garni de laine, on débraye la poulie motrice D et on embraye la petite poulie à gorgo g, et on pousse les supports à coulisse jusqu'à ce que le pignon denté i du cannelé engrène avec la roue j du peigneur. Dans cette position , la roue d'angle /, montée sur l'un des tourillons du grand tambour, se trouve engrenée avec la roue semblable /' de l'axe incliné k; tout le système étant alors commandé par la petite poulie p et les cylindres tournant en sens contraire, la laine qui recouvre le pignon se dégage de ses aiguilles pour passer entre les rouleaux , d'où elle sort , comme nous l'avons dit, en nappe entièrement étirée.
Les auteurs de cette machine font remarquer que , par leur disposition, la laine se présente insensiblement et sans fatigue à l'action du cylindre peigneur qui, dans son mouvement de rotation rapide et par l'inclinaison à droite de ses pointes, démêle la mèche sans briser ni énerver les filaments ; ce n'est que lorsque l'extrémité de ceux-ci vient à se dégager de
PUBLICATION INDUSTBIELLB. 2VS
cylindres alimentaires entre lesquels ils tiennent jusqu'à ce que le travail soit effectué, qu'ils se détachent sur le cylindre peigneur chauffé par la vapeur.
« Ainsi , disent MM. Poupillier et corop. , les aiguilles du cylindre peia gneur passant dans la mèche mille fois et plus, avant que cette mèche ne « s'abandonne par filaments sur ledit cylindre, il est constant que la laine
* est fixée dans sa longueur, et la vapeur aide essentiellement à la disposer « et à la maintenir dans cet état. »
Par suite de cette explication, on s'aperçoit déjà que la mèche ayant été divisée à l'infini et les filaments allongés, quel que soit leur plus ou moins de longueur sur le cylindre peigneur, ne laissera aucune résistance à l'étirage pour tirer le trait qui se fera sans blousse; tandis que par les systèmes dans lesquels la laine est peignée et repeignée plusieurs fois , on a à chaque opération une quantité de blousses nouvelles » ce qui démontre que celle-ci n'est autre qu'un résidu produit par le travail d'instruments ou d'appareils imparfaits.
• Les inventeurs ajoutent, dans leur mémoire, qu'avec leur machine le travail surpasse le peignage a la main , parce que d'abord la laine est amenée , sans être fatiguée , à se placer d'elle-même et sur toute sa longueur dans les aiguilles , et que les filaments fins et courts qui font la blousse , dans le peignage manuel comme dans le peignage mécanique ordinaire, viennent au contraire augmenter la force et la finesse de leur peigné , ce qui avantage beaucoup le filateur pour obtenir le numéro voulu.
DRESSEUSE ET PEtGNEUSE MÉCANIQUE
DE MM. PATU BLE-LUPIN, SEYDOUX ET SIEBEB, BEPBBSENTBB FIG. 4 A 6, PL. 18.
Le système pour lequel ces manufacturiers, bien connus dans l'industrie des laines peignées, se sont fait breveter le 22 avril 1845, consiste , d'une part, dans une dresseuse ou machine préparatoire destinée à dresser la laine avant de la peigner, et à empêcher que les peignes ne se rompent ; et de l'autre, dans la peigneuse proprement dite.
liens la première , représentée en élévation et en plan (6g. k et 5), la laine arrive au tambour A par la toile sans fin B et les rouleaui alimentaires C. Le tambour garni de rubans de cardes à aiguilles droites, trèsfortes et sans crochets, entraine la laine jusqu'à la brosse D, qui, en tournant en sens contraire, l'engage dans les aiguilles et en forme une nappe continue. Après qu'il est ainsi chargé, on fait passer un bout de la nappe entre les deux rouleaux de sortie E pour la dégager, et on répète cette opération trois on quatre fois , selon la qualité de la laine et la grosseur des aiguilles, en ayant le soin de la dégraisser avant la dernière opération. Les mouvements de ces divers organes ont lieu par des poulies et des engrenages comme dans les cardes.
On fait ensuite passer les nappes par un étirage ordinaire pour en faire