COMPTEUR A HORLOGE, PAR M. PAUL GARNIER
M. Paul Garnier, horloger-mécanicien, est l'auteur d'un nouveau compteur à horloge, servant à enregistrer à la fois, le nombre des coups de piston d'une machine à vapeur, ou , plus généralement , le nombre de périodes de mouvement d'une machine quelconque, et la durée totale du jeu de la machine
« L'appareil se compose d'un compteur et d'une horloge qui peuvent être à volonté mis en rapport, de façon que la seconde s'arrête lorsque le premier cesse de marcher.
• Ce compteur diffère peu des compteurs ordinaires, que l'on a appliqués depuis longtemps aux machines h vapeur et autres , pour enregistrer le nombre de périodes de mouvement ; il se compose de six cadrans mobiles dont chacun porte les dix chiffres 0, 1, î, 3, jusqu'à 9. Le premier mobile à droite marque les unités
simples, le dernier marque les centaines de mille; de sorte que l'instrument peut accuser 999,999 périodes de mouvement. Les cadrans qui portent les chiffres sont appliqués contre la face interne de la boite de l'instrument ; celle-ci est percée de six trous correspondants aux six cadrans. Tous les cadrans étant amenés à l'origine dans une position telle que le zéro de chacun d'eux soit vis-à-vis du trou correspondant à la plaque , le nombre total de périodes de mouvement se trouve écrit à chaque instant, suivant les principes ordinaires de la numération décimale, et exprimé par l'ensemble des chiffres que les ouvertures de la plaque laissent apercevoir, les zéros qui sont à gauche des chiffres significatifs n'ayant aucune valeur.
- L'horloge est placée dans la même boite que le compteur et à sa droite ; elle est à ressort, à balancier avec spirale, et pourvue d'un échappement à repos, que M. Garnier a imaginé en 1830 et qu'il a appliqué depuis à la fabrication de ses pendules de voyage. Dans ce mode d'échappement, les axes du balancier et la roue qui est double sont perpendiculaires l'un sur l'autre ; l'axe du balancier porte une portion de disque plan qui s'engage alternativement entre les dents des deux roues d'échappement; celles-ci sont taillées sur leur contour suivaut des arcs de cercle rentrants , et agissent sur les bords du disque pour le repousser chaque fois qu'elles échappent
« La communication entre le premier mobile ù droite du compteur et l'horloge est établie à volonté au moyen d'un petit râteau qui tombe en vertu de son poids et dont les dents viennent s'engager dans celle d'une roue montée sur Taxe de la roue de champ. Cette roue est folle sur son axe; mais, au moyen d'un petit appareil très-léger, construit sur le principe de l'encliquetage Oobo, elle ne peut prendre un mouvement de rotation autour de son axe que dans un seul sens , qui est précisément opposé à celui dans lequel le poids du râteau tend à la faire tourner. Ix>rs donc que les dents do râteau viennent s'engager dans celles de la roue , celle-ci se trouve fixée sur son axe, par Pencliquetage , et entraîne le râteau. L'axe sur lequel celui-ci est monté porte un bras qui, dans ce mouvement , se rapproche du balancier, et vient finalement s'appliquer contre le cercle de ce balancier, ce qui arrête son mouvement et celui de l'horloge. On voit qu'il s'écoule une certaine durée entre le moment où les dents du râteau s'engagent dans celles de la roue et celui où l'horloge s'arrête. Cette durée varie depuis deux secondes jusqu'à douze secondes, suivant la distance initiale du bras au cercle du balancier, à l'instant où le râteau se met en prise avec la roue/Or, cette distance peut être réglée à volonté par le mécanisme au moyen duquel on met en relation le râteau et l'horloge ; en établissant cette relation , on règle la durée dont nous venons de parler, de façon à ce qu'elle soit plus longue que la durée maximum d'une période de mouvement de la machine à laquelle le compteur est appliqué Chaque fois que le cadran des unités du compteur tourne d'une division sur son axe, un petit mécanisme relève le râteau : ce relèvement ayant lieu avant que le bras soit venu s'appliquer contre le cercle du balancier, l'horloge continue à marcher comme si elle était indépendante du compteur, tant que celui-ci marche ; mais, si celui-ci s'arrête , l'horloge s'arrêtera également après une durée égale à celle d'une période de mouvement de la machine Le nombre de révolutions complètes de l'aiguille des heures de l'horloge est totalisé par une aiguille mobile devant un second cadran. L'appareil enregistrera donc à la fois la durée effective de la marche d'une machine et le nombre de périodes de mouvement pendant cette durée (I). »
(f ) Rapport tf« H. CowbM 4 la 8ocM44 tf'e»eo«rtgeinmt , te 7 février 18»*.
POBLICATIOH INDC8TRIELLB. 271