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de la Bible, tels que la tradition ecclésiastique nous les a transmis. Luther, dans son attitude vis-à-vis de l'Écriture, nous a laissé un exemple infiniment précieux de cette respectueuse soumission en même temps que de cette sainte liberté. — Après la Bible, ce sont les confessions de foi, les catéchismes, les recueils de cantiques, les formulaires liturgiques, en un mot les témoignages officiels et publics de la foi de l’Église, qui s'imposent à notre attention et que nous avons à prendre en sérieuse considération, car elles sont, dans une mesure plus ou moins grande, l'expression d’une conviction collective. Puis vient le témoignage individuel des grands docteurs de l’Église, que leur piété, leur foi, leur science, leur génie religieux recommandent à notre confiance. Il n'est, en général, dans le monde chrétien, aucune manifestation de la vie intellectuelle et morale qui n'ait subi l'influence des doctrines du Christ et où nous ne puissions découvrir l'œuvre vivifiante du Saint-Esprit.
Mais ce n’est pas seulement dans la chrétienté que nous avons à chercher la révélation de la pensée de Dieu, quoique l'Église chrétienne soit le foyer, nous pourrions dire la terre classique de cette révélation. L'action du Saint-Esprit a aussi laissé de remarquables traces dans le monde païen, et c’est une étude des plus fructueuses d'aller à la recherche de ces traces dans les cultes, les mœurs, la littérature des peuples non chrétiens, tant anciens que modernes. Cette étude élargit notre horizon, elle nous fournit le corollaire, la contreépreuve de nos idées religieuses, elle épure peut-être
telle de nos croyances, elle confirme certainement notre foi en l'Évangile du salut; et cette ratification . par le témoignage de Dieu dans le monde païen ne fera que consolider et affermir notre conviction.
C’est ainsi que, tout en corrigeant et en enrichissant nos propres vues, nous ferons le triage des doctrines répandues dans le monde, nous grouperons nos idées et nous arriverons à une vue d'ensemble, à une unité organique, ayant pour racine le dogme de la justification par la foi. Ces divers éléments se rattacheront naturellement et logiquement entre eux et à leur centre commun, et fourniront ainsi la preuve interne de leur vérité.
Quand nous avons consacré notre âme à Dieu, ce fait de notre expérience intime devient l’objet de notre réflexion. Quelles richesses spirituelles ne découvronsnous pas déjà dans le simple énoncé de cette thèse : « Le salut par la consécration de l’âme à Dieu! » Chacun de ces mots : Dieu, âme, consécration, salut, est une source abondante, inépuisable de connaissances supérieures. Voilà l'affirmation de l’existence de Dieu, d’un Dieu personnel, d’un Dieu aimant, entrant en rapport avec l’homme, se révélant à lui. Le fait de la révélation ouvre la voie à la prophétie, aux divers modes de la manifestation de Dieu dans le monde. Et qui limitera la puissance divine ? Nous touchons ici à la Providence, aux faits miraculeux, à l’exaucement de la prière. Nous reconnaissons en Dieu un «père », dont nous sommes les «enfants ». Puis nous arrivons à l’âme humaine, à son origine, à sa spiritualité, à sa personnalité, à son
immortalité, aux rapports entre l’âme et le corps, entre l'esprit et la matière, et aux nombreuses et importantes questions qui se rattachent à l'étude de l'essence de notre être. La notion de la consécration nous révèle le monde moral, la liberté, la responsabilité, le devoir, le péché, la repentance, la vie en Dieu et pour Dieu. L'idée du salut appelle, par antithèse, l'étude du mal, de sa nature, de son origine, des causes de son universalité ; elle nous ouvre, au delà de la tombe, les horizons de l’avenir ; elle nous laisse entrevoir une vie de joie, de bonheur, de félicité, et une vie de maux et de souffrances ; elle nous pousse à approfondir les notions de la justice et de la miséricorde de Dieu.
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L'examen de cette double notion de la justice et de la miséricorde de Dieu nous introduit dans un grand et nouveau cycle de pensées et de faits. La justice exige Je châtiment du pécheur : elle se trouverait anéantie si le péché devait rester impuni. Maïs comment alors la concilier avec la miséricorde, qui veut faire grâce au pécheur? Ici vient se placer la question de la Réderption et du Rédempteur, — question capitale, qui constitue une des prémissesles plus mystérieuses du dogme de la justification par la foi.
Après avoir approfondi l’idée même de la Rédemption, ou, en d’autres termes, la notion du sacrifice, il s’agit d'étudier la personne et l’œuvre de celui que les chrétiens appellent leur Sauveur.
Nous avons reconnu en Jésus-Christ la Justice et la Sainteté parfaites, la « Parole de Dieu », la « manifestation de Dieu dans la chair ». Quelle était la nature
intime de cet homme si étrange, de cette individualité si absolument exceptionnelle ? Dans quel rapport Jésus- Christ se trouvait-il avec Dieu ? Que faut-il penser de sa « divinité » ? Quel sens Jésus attachait-il aux termes de Fils de Dieu et de Fils de l'homme ? Comment l’élément divin s’unissait-il en sa personne avec l'élément humain ? Dans quels rapports de solidarité l'humanité et les individus se trouvent-ils avec lui? À quoi nous sert sa justice, la sainteté de sa vie? Dans quel sens saint Paul a-t-il enseigné que la justice de Christ est imputée à celui qui croit en lui? Quelle est la signification, la valeur de sa mort”? Dans quel sens les Apôtres et Jésus-Christ lui-même ont-ils attribué à cette mort une valeur expiatoire ? Comment pouvons-nous bénéficier des fruits de ce sacrifice ? À cette dernière question se rattache celle de la sainte cène, où Jésus dit aux communiants : «Ceci est mon corps, livré pour vous... Ceci est mon sang, répandu en rémission de vos pé- . chés. » Puis viennent les questions relatives à la résurrection de Christ, à son ascension, à sa gloire céleste « à la droite du Père », à sa présence partout « où deux ou trois se réunissent en son nom», à son retour pour le jugement final. Toutes ces questions forment un vaste champ d’études et de méditations et ont une importance d'autant plus grande que l'Église chrétienne, de-
puis son origine, fait dépendre le salut de la foi en Christ.
Que faut-il entendre par la foi en Christ? Dans quel sens les Apôtres et Jésus lui-même ont-ils employé ce terme ? Et dans quel sens la foi en Christ est-elle une