‹ Publications diverses sur le fidéisme et son application à l'enseignement Chrétien traditionnelChapitre 15 sur 59 · OUR · texte numérisé non relu

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.a soumis le Livre de l’ancienne Alliance. Ils ont pour mission de s'appliquer à distinguer sous la formule

paulinienne la sainte et éternelle pensée de Dieu, et de.

la donner à leurs contemporains sous une forme qui réponde aux besoins actuels de la pensée humaine, de même que Paul l’a appropriée aux besoins intellectuels de son époque (ñ hoytxn Aazpeta, Rom. 12, 1), —

sans émousser aucun de ces angles de la parole de

Dieu, qui blessent et révoltent le cœur égoïste et perverti de l’homme naturel. Nous voulons dire que le théologien, dans ce travail, ne doit pas se laisser guider par le désir d'offrir au cœur naturel de homme un évangile édulcoré, répondant à ses goûts, mais qu'il doit s'inspirer des sentiments de saint Paul, qui n'avait qu'une seule préoccupation, celle de donner au monde la vérité pour son salut.

Ce travail s’est déjà fait d’une manière plus ou moins inconsciente dans le cours des siècles. Personne n'enseigne plus aujourd’hui la pure doctrine paulinienne. Ceux-là même qui, sous l'influence de la tradition

orthodoxe, catholique ou protestante, dans une tou-.

chante et naïve illusion, se figurent partager absolument les convictions de l’Apôtre, sont loin d'admettre telles de ses croyances et de ses théories, et font de l'allégorie sans s’en douter. Pour s’en persuader, onna qu'à parcourir les recueils de sermons contemporains. Ce sont notamment les éléments gnostiques, dont le

système paulinien est imprégné dans une si grande

mesure, qui ont complètement disparu de notre enseignement religieux.

Ce triage, que le chrétien laïque fait d’une manière inconsciente, le théologien doit le faire en pleine connaissance de cause. La théologie moderne a su judi-

cieusement distinguer entre l'étude historique et l'étude dogmatique. La première établit le sens de la «lettre » ; la seconde cherche à découvrir, sous la formule humaine, la sainte et éternelle pensée de Dieu. Ces deux branches de la science théologique sont également utiles et nécessaires ; elles se prêtent un appui mutuel ; elles se complètent réciproquement. L'histoire est le facteur réaliste dans la dogmatique ; celle-ci est le facteur idéaliste dans l'histoire. Les deux facteurs se confondent dans la vie concrète; mais il importe de les distinguer dans la science ; le progrès scientifique est à ce prix.

Nous avons, dans ce travail, cherché à établir la « lettre » de la doctrine paulinienne sur le péché et la rédemption, non sans faire quelques incursions dans le domaine de la dogmatique. Nos résultats historiques diffèrent, sur quelques points, de l'opinion traditionnelle; sur d’autres points, nous nous sommes trouvé en désaccord avec des théologiens contemporains d’une haute compétence. Nous avons essayé de fournir nos preuves. Il y a là une question de fait à déterminer ; et les éléments de la question sont si nombreux et si bien arrêtés que nous ne nous doutons pas qu'au point de vue historique, la théologie n'arrive, avec le temps, à une entente parfaite sur l'enseignement du grand Apôtre des païens.

Il n’en est pas de même de la question dogmatique. Celle-ci est infiniment complexe et éminemment personnelle. Quels sont, dans la théologie de Paul, les éléments terrestres, contingents, périssables ? et quelle en est la substance divine et éternelle ? Poser ces questions, c'est poser la question de la Religion même.

Nous n'avons pas à donner ici une solution. Mais

nous relèverons cinq points qui, à notre avis, consti-

tuent le fondement inébranlable de l’enseignement de

l’Apôtre. Ce sont : la terrible réalité du péché ; l'indissoluble unité de la justice et de la miséricorde de Dieu ; la nécessité de l’expiation du péché ; la solidarité organique de l'humanité dans le péché et dans l'expiation ; et le salut du pécheur par la foi, c’est-à-dire par un acte de consécration à Dieu du moi tout entier.

C’est en s’appuyant sur ces notions que saint Paul a.

développé son admirable système, et qu'il a réussi à donner une satisfaction réelle aux besoins de la pensée religieuse et morale de son époque. Nous considérons ces notions comme des colonnes de la vérité, et nous avons la conviction qu’en s'appuyant sur elles, la théologie moderne pourra, à son tour, répondre aux aspirations religieuses, au sentiment moral et aux exigences intellectuelles de notre temps, et regagner ainsi sa place

honorée et son influence légitime dans le monde de la pensée.

(Paris, Librairie Fischbacher, 1882.)

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