‹ Publications diverses sur le fidéisme et son application à l'enseignement Chrétien traditionnelChapitre 22 sur 59 · LA BIBLE ET LE MIRACLE · texte numérisé non relu

LA BIBLE ET LE MIRACLE

goureusement étudiées et définies qu'aujourd'hui. Leur conception du monde différait sensiblement de la nôtre. Ils partageaient dans le domaine des choses profanes les idées de leurs contemporains. Les Juifs et les païens, les hommes pieux et les impies voyaient alors un «€ miracle », c’est-à-dire une dérogation au cours naturel des choses, dans tout phénomène extraordinaire. Aujeurd’hui que l’on connaît les lois de la plupart de ces phénomènes, nous ne pouvons plus y voir des miracles au sens ancien. Ces miracles se font d'autant plus rares que l’on avance plus dans la connaissance des lois de la nature. C'est là un fait notoire. Il confirme ma conviction que les lois de la nature sont l'expression de la volonté de Dieu, que Dieu n’agit pas contre sa propre volonté, et quenotre ignorance seule est en cause quand nous ne pouvons expliquer un fait extraordinaire.

Infaillibles dans le domaine religieux et moral, les auteurs bibliques ne l’étaient dans celui des sciences naturelles. Voilà ce que j'ai exposé dans ma lecon. Et si, dans cette ordre d'idées, je n’ai pas fait d'exception pour Jésus-Christ, c'est parce que je crois qu'il y avait en Jésus, non seulement un élément divin, absolument infaillible dans les choses de la foi, mais aussi un élément vraiment humain, soumis quant aux connaissances profanes à la contingence de la nature humaine.

On peut ne pas être d'accord avec moi sur ce dernier point. Mais je crois qu’en affirmant ma foi à l’exaucement de la prière et à l’autorité souveraine de Jésus- Christ et des Saintes Ecritures dans le domaine religieux et moral, je reste sur le terrain du vrai christianisme et que je suis fidèle à ce qui constitue l’essence de l’enseignement évangélique.

(Le Refuge, 1895, no 2.)

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