CHANGEMENT PROBLÉMATIQUE
Les vues de mon honorable interlocuteur — je ne dis plus « contradicteur » — qui signe « Un croyant », ne sont guère séparées des miennes que par des nuances. Nous sommes d'accord sur des points importants, parmi lesquels je note la déclaration suivante : « Ceux qui n’auront pas entendu annoncer Jésus-Christ, ne seront pas condamnés pour n'avoir pas cru en Lui; et des erreurs théologiques, considérées jadis comme des hérésies, ne suffiront pas pour priver du salut éternel les croyants. » Très bien. Peut-être nous sera-t-il possible de nous rapprocher encore sur d’autres points, où nous différons plutôt dans les mots que dans les idées.
Voici un de ces points. Mon interlocuteur admet que la foi d'Abraham était bien celle que le fidéisme considère comme l’unique condition de salut. « Je pense aussi, dit-il, qu'au temps d'Abraham, les croyants auraient adopté la formule fidéiste : l’objet de la foi qui justifie et qui sauve, c’est Dieu. » Je suis heureux de constater cet accord.
Mais, continue-t-il, par suite de la venue du Christ, la situation est changée. Maintenant, ce n'est plus la simple foi en Dieu, comme du temps d'Abraham, c'est