‹ Publications diverses sur le fidéisme et son application à l'enseignement Chrétien traditionnelChapitre 8 sur 59 · OS · texte numérisé non relu

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Cet acte implique, comme conséquence, un état de consécration permanente. Si Dieu nous demande notre cœur, c’est pour que nous le lui abandonnions à jamais. Ïl ne suffit pas d'aller à Dieu, 1l faut rester auprès de lui. C’est là le second élément constitutif de la foi. La foi est l'union avec Dieu, avec la source de toute vie, de toute force, de toute grâce ; et c'est de Dieu qu'elle tient sa sainte puissance. Elle se trouve ainsi à la base de toute la vie religieuse et morale. Elle est le principe de la sanctification, la source des bonnes œuvres, la condition première de tout progrès spirituel. Seule la foi peut enrayer le mal si profond causé par le péché ; elle est le levain qui doit pénétrer et faire lever toute la pâte ; elle est le remède efficace, l’antidote contre le péché. De même que le premier mouvement de la foi — l'acte de consécration à Dieu — nous vaut le pardon; de même l’état résultant de cette consécration, l'union constante avec Dieu, purifie, sanctifie, guérit notre âme. À quelque point de vue que nous la considérions, comme acte ou comme état, la foi nous apparaît comme la seule condition du salut possible.

Ce n'est toutefois que par la pensée qu'on peut distinguer dans la foi, entre l’acte et l’état; dans la vie concrète, les deux sont inséparables : l’acte implique

l’état et l’état suppose l'acte, et la notion de la foi les comprend tous les deux. La foi constitue la seule vraie religion, le seul « culte raisonnable». Sans la foi, toutes les pratiques religieuses, toutes les expiations, tous les renoncements, tous les sacrifices sont vains. Car hors la foi, il n'y a point d'union avec Dieu, et hors l’union avec Dieu, il n'y a ni vie ni salut. La doctrine du salut par la foi s'impose donc à notre conscience; ou plutôt, c'est le Saint-Esprit qui, par la conscience, l’impose à notre esprit, et le lui impose de la manière la plus absolue. Nous ne pouvons pas ne pas l’accepter. Voilà le secret de notre conviction.

Toutes les manifestations de la conscience de l’humanité concourent à fortifier cette conviction. Nous ne porterons nos regards que sur les plus puissantes et les plus pures.

Où les trouverons-nous ? Ici encore Jésus-Christ nous servira de guide. Éclairé par la plénitude de la lumière du Saint-Esprit, Jésus était absolument qualifié pour distinguer la présence de la Révélation dans le témoignage d'autrui; son jugement aura donc pour nous toute la valeur d’un jugement divin. Or, les témoignages que Jésus-Christ a explicitement confirmés sont, d’une part, celui de Moïse, des Prophètes, des livres sacrés du peuple d'Israël, et d'autre part, celui de ses Apôtres, qu'il ratifie à l'avance. « Ils ont Moïse et les Prophètes, dit-11; qu'ils les écoutent; s'ils n’écoutent pas Moïse et les Prophètes, ils ne croiraient pas, quand même quelqu'un ressusciterait des morts. » (Luc 16, 29. 31.) On connaît le témoignage que Jésus a rendu à

Jean-Baptiste : « Jean est venu vers vous, dans la voie de la justice... Il était plus qu'un prophète. » (Matth. 11, 7-14; 21, 32.) Et après avoir promis à ses disciples le don du Saint-Esprit, il leur dit : « Quand celui-là sera venu, à savoir, l'Esprit de vérité, 1l vous conduira dans toute la vérité. » (Jean 16, 13; 15, 26. 27.) C'est donc au témoignage des Prophètes et des Apôtres que Jésus nous adresse ; nous pouvons considérer ce double témoignage — après celui de Christ — comme l’expression la plus pure du témoignage du Saint-Esprit dans le monde ; et à ce titre il est pour nous une nouvelle source d’études et de connaissances, et une précieuse pierre de touche pour contrôler nos propres idées religieuses et celles d'autrui.

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Les témoignages des Prophètes et des Apôtres nous ont été conservés dans les écrits de l'Ancien et du Nouveau Testament. Quand nous étudions ces documents, nous y retrouvons, sous les expressions les plus variées, la profession la plus unanime et la plus harmonieuse de la doctrine de la justification par la foi. Les conceptions, il est vrai, semblent varier aussi; et, en effet, elles ne restent pas stationnaires ; mais en les soumettant à un examen sérieux, on y retrouve toujours la même idée fondamentale, qui ne fait que se déve-. lopper. De même que la pensée philosophique, la pensée religieuse se développe selon les lois qui lui. sont propres. Elle vit dans le temps; elle progresse ; elle a son histoire. Nous pouvons suivre pas à pas l’histoire du dogme de la justification par la foi dans la série des témoignages successifs de l’Écriture sainte.

Ce développement est celui de l'embryon qui arrive peu à peu à sa forme distinctive et de plus en plus parfaite ; et nous sommes convaincu qu’à la base de ce développement, dans le monde matériel et spirituel, il ÿ a un principe supérieur Commun, une raison d'être identique.

L'état que nous pourrions appeler embryonnaire est celui de la doctrine de Moïse, du législateur par excellence. Les notions de pardon, de salut, de vie sont encore bien indéterminées et parfois bien extérieures. La Loi et l'Évangile sont encore confondus dans une même thèse. Mais ce qui se dégage nettement de cet enseignement, c'est la doctrine du salut par l’obéissance & la loi divine. « Si tu écoutes attentivement la voix ‘de l'Éternel, ton Dieu, si tu fais ce qui est droit à ses yeux, si tu prêtes l'oreille à ses commandements et si tu observes toutes ses lois, je ne ferai venir sur toi aucune des Jlangueurs que j'ai fait venir sur l'Égypte; car je suis l'Éternel, qui te guérit... Si vous obéissez à ma voix, dit l'Éternel, et si vous gardez mon alliance, vous m'appartiendrez entre tous les peuples; vous serez un royaume de sacrificateurs et une nation sainte... Voici, je mets devant vous la bénédiction et la malédiction : la bénédiction, si vous obéissez aux commandements de l'Éternel, et la malédiction, si vous n’obéissez point à ses commandements. » (Exod. 19,52024975:86820; 9-6 ; Nomb. 15, 39-40 ; Deut. 11, 26-28.) Cette dernière pensée résume tout l’enseignement de Moïse, elle se retrouve à chaque page du Pentateuque, elle est la $anction divine inséparable de l’idée même de la

Loi, et la critique la plus radicale la laisse debout. Nous accentuons ce dernier point, car il nous est impossible d'entrer ici dans les questions de critique que soulève l'étude de la Bible. Toutefois, nous tiendrons soigneusement compte des travaux de la critique, et nous n’avancerons que des thèses que nous croyons pouvoir scientifiquement soutenir.

Que l’on approfondisse maintenant cette doctrine du salut par l’obéissance à la Loi, et l’on verra que, par le mot obéissance, le législateur israélite n'entend pas seulement l’observance extérieure, mais l’obéissance du cœur, la soumission intérieure à la volonté de Dieu. Il ne peut être question que de cette obéissance spirituelle dans la promesse de Dieu à Isaac : « Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité, parce qu'Abraham a obéi à ma voix, et a gardé ce que je lui avais ordonné. » (Gen. 26, 4-5.) Et, en dernière analyse, cette obéissance n’est autre chose que la foi, comme Île remarque parfaitement saint Paul : « Abraham eut foi en Dieu, et cela lui fut imputé à justice. » (Rom. 4, 3 ; Gen. 15, 6.) Aussi Abraham est-il appelé avec raison «le père des croyants ». Nous voilà donc en pleine doctrine de la justification par la foi. ;

De Moïse aux Prophètes, il y a un progrès notable dans le développement de la pensée religieuse. Ceux-ci avaient à soutenir une double lutte : d’une part, contre l'idolâtrie qui des peuples voisins venait s’infiltrer dans la nation juive ; d’autre part, contre un légalisme extérieur qui engendrait et nourrissait l'hypocrisie. .

Dans leur lutte contre le paganisme, les Prophètes

présentent la fidélité au Dieu d'Israël comme la condition du salut. « Éloignez-vous de vos faux dieux et revenez à moi!... Je suis le premier et le dernier, et hors moi il n'y a point de Dieu! J'efface vos transgressions comme un nuage, et vos péchés comme une nuée ; revenez à moi, Car c'est moi qui vous sauve! » (Ëzéch. 14, 6: És. 44, 6. 22: Os. 11, 7; Zach. 1, 3.) L'alliance de Dieu avec le peuple d'Israël est conclue sur la base d’un engagement réciproque : Dieu s’engage à bénir le peuple qui, de son côté, s'engage à lui rester fidèle. Cette alliance est comparée à l'union du mariage : l’infidélité est un adultère. «Tu t'es prostitué, Éphraïm, et Israël s’est souillé. Leurs œuvres ne leur permettent pas de revenir à leur Dieu, parce que l'esprit de fornication est au milieu d'eux. » (Osée », 3.4.)

Cependant la fidélité extérieure ne suffit pas aux Prophètes ; ils réclament un culte du cœur. « Ce peuple s'approche de moi de la bouche, il m’honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi... Qu'ai-je affaire de la multitude de vos sacrifices ? Je suis rassasié d'holocaustes ; j’ai en horreur l’encens. Quand vous étendez vos mains, je détourne mes yeux; quand vous multipliez vos prières, je ne les écoute pas, car vos mains sont pleines de sang. » (Ës. LAS VoD Es MEN EMEA M EE 15 ; Ps. 51, 18. 19.) Dieu regarde au cœur. Il demande qu'on le révère, qu'on le craigne. La crainte de Dieu est le fondement de la vraie fidélité ; elle est la condition du salut. « L'Éternel est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et abondant en grâce. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant sa bonté est grande pour ceux qui le révèrent. Comme un père a compassion de ses enfants, l'Éternel a compassion de ceux qui le craignent. » (Ps. 103, 8-13.) Et

cette vénération, cette crainte de Dieu n’est autre chose que la consécration de l'âme à Dieu. « Vous me chercherez et vous me trouverez, Car vous vous tournerez vers moi de tout votre cœur. » (Jér. 29, 13.) C’est donc aussi la doctrine du salut par la foi qui constitue le fond de l’enseignement des Prophètes.

Aux deux grandes époques du mosaïsme et du prophétisme succède une époque de travail caché qui donne naissance au précurseur de Jésus-Christ, à l’austère et puissant prédicateur de la repentance : Jean- Baptiste. « Amendez-vous, dit-il, car le royaume des cieux est proche !... Portez des fruits dignes de la repentance ! » (Matth. 3; Luc 3.) Il annonce le salutpar la métanoiïa, terme que l’on a improprement rendu par pénitence ou repentance, de même que le verbe métanoein a une signification plus ample et plus profonde que s’amender. Métanota veut dire : changement complet dans les dispositions de l'esprit. Le mot allemand Sinnesænderung en est la traduction exacte. Et Jean Gerhard rend métanoein très bien par : mentem et consiltum in melius mutare. C’est un changement intérieur, spirituel, une conversion. du cœur que Jean-Baptiste: pose comme condition du salut. Toutefois, l'accent principal de sa prédication porte sur le regret, le repentir, l'abandon de la vie du péché. Ceux qui s'amendaient «étaient baptisés dans le Jourdain, confessant leurs péchés ». Le baptême était le symbele de la purification intérieure et impliquait, pour celui qui se faisait baptiser, l'engagement de mener une vie nouvelle, conforme à la volonté de Dieu. La consécration

de l'âme à Dieu est la puissance virtuelle dela métanoia. La repentance implique donc la foi, qui n'en est que le côté moins accentué ; ou mieux encore : la repentance et le foi sont un mouvement identique considéré à deux points de vue différents : la repentance considère le mouvement du cœur au point de vue de léloignement du péché, la foi le considère au point de vue du rapprochement de Dieu. De la doctrine du salut par la repentance devait naître, sans nouvelle transition, l’enseignement explicite de la justification par la foi.

D'après ce que nous venons de voir, les écrits de FAncien Testament, de la première à la dernière page, demandent à l’homme d'abandonner le péché et de se consacrer à Dieu. Les trois désignations d’obéissance à la Loi, de crainte de Dieu et de repentance, n’expriment que trois phases successives dans le développement de la même pensée. Les termes se mêlent et se confondent quelquefois, comme c’est le cas dans tout ‘ développement analogue, mais chaque époque met en relief une idée dominante ; et à la base de ces idées se retrouve invariablement, à toutes les époques, le même dogme ; seulement il y est à cet état plus ou moins inconscient, que nous pourrions appeler l'état latent, et qui caractérise les premières phases dans l’évolution d’une idée.

XXXIHII

Jésus-Christ le premier a nettement formulé la doctrine du salut par la ‘For. Il a posé cette thèse avec la

puissance de la parole vivante de Dieu. C'est la thèse pure et simple dans toute la plénitude de la révélation divine. « Celui qui croira sera sauvé. » Ces paroles sont: la substance vivifiante de l'Évangile du Christ. Elles résument l’enseignement de Moïse et des Prophètes, et elles sont le germe fécond de la prédication des Apôtres et de l'Église chrétienne.

Saint Paul, le grand apôtre etthéologien de la justification par la foi, n’a fait que développer la pensée du Maitre en prêchant, dans sa lutte contre le légalisme juif, le salut par la foi, sans les œuvres de la loi mosaique. « La Loi, dit-il, a été un pédagogue en vue du Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi... Christ est la fin de la Loi... Nous concluons donc que l’homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la Loi. » (Gal. 3, 24 ; Rom. 3, 28; 10, 4.) Le triage entre la loi morale, dont Paul accentue le caractère obligatoire et éternel, et les lois cérémonielles, dont il reconnaît l'autorité civile et politique dans la théocratie juive, ne se fit et ne pouvait se faire que lentement. Ce n’est qu'après la destruction de Jérusalem et la dispersion du peuple d'Israël que le principe de saint Paul, débarrassé de ses entraves, put remporter un triomphe complet (1).

(1) La notion du salut a également suivi un développement progressif. Très matérielle à l’origine, elle n'avait guère trait qu’au bien-être individuel et national. Toutefois elle contenait en germe un principe supérieur qui devait la faire sortir de cet état embryonnaire. Sous l’influence du prophétisme, la notion du salut se spiritualise et donne naissance à l'attente du règne messianique, où les éléments matériels et spirituels se trouvent entremêélés. C'était l'époque de la fermentation

L'ÉVANGILÉE DU SALUT 27

L'Église chrétienne laissa tomber toutes les prescriptions cérémonielles de la loi mosaïque. Toutefois elle confondait encore la foi et les bonnes œuvres et attribuait à ces dernières les mêmes vertus qu'à la foi; puis elle édicta elle-même, dans le cours des siècles, des lois et ordonnances ayant un caractère obligatoire ; elle imposa au peuple chrétien certaines pratiques religieuses, des jeûnes, des macérations, des pèlerinages, des exercices de piété, qu’elle assimila aux bonnes œuvres, et auxquelles elle attribua, comme à celles-ci, une vertu méritoire. L'Église chrétienne retombait ainsi de nouveau sous le joug de la loi. Alors parut Luther. I reprit l'œuvre de saint Paul en enseignant le salut par la foi, et non par les bonnes œuvres. C’est la thèse divine qui, se développant et écartant les erreurs, se fraie son chemin à travers l’histoire de l'humanité. :

Luther aussi eut à faire un triage. Il commença par distinguer entre les pratiques ordonnées par les papes et les œuvres excellentes de la charité; il revendiqua pour le chrétien une pleine liberté à l'égard des com-

qui dura jusqu’à la venue du Christ. Jésus porta les regards de ses disciples vers un royaume « qui n’est pas de ce monde », vers la « maison de son Père », vers «le ciel »; et sous l’influence de l’enseignement chrétien, se développa la notion idéale de la félicité éternelle dans la communion de Dieu. — Il serait cependant erroné de ne rapporter la notion du salut qu'à la vie future. Grâce à sa communion avec Dieu et à son espérance de la vie éternelle, le croyant jouit du salut par anticipation et dans une mesure plus ou moins grande, au milieu des misères de cette vie. Et de même que le péché et la mort se manifestent dans ce monde à travers la vie des individus et des nations, de même le salut annoncé par l'Évangile éclate déjà ici-bas et pénètre la vie individuelle, sociale et politique. « La piété, dit saint Paul, a la promesse de la vie présente et de celle qui est à venir. » ([ Tim. 4, 8.) La notion du salut embrasse la vie de l’homme tout entière.

mandements de l’Église, et accentua avec d’autant plus de puissance l'obligation de la loi morale, l'autorité souveraine des commandements de Dieu, résumés dans l’amour de Dieu et du prochain. Puis, étudiant le caractère de la charité, il reconnut qu'elle n'était que l’accomplissement du devoir, qu'elle n'avait donc pas la vertu d'effacer les péchés, vu que le fait de ne pas commettre un péché nouveau ne saurait annuler un. péché commis. Cette vertu, Luther l’attribue exclusivement à la foi. Quant aux bonnes œuvres, elles sont les fruits de la foi; là où elles font défaut, 11 n y a point de foi. Mais la promesse du pardon est accordée, non aux bonnes œuvres, mais uniquement à la foi, à la consécration de l’âme à Dieu. Nous sommes justiliés sola fide, — par la foi seule.

Cette thèse a pénétré comme un puissant levain dans le monde, et elle continue d’y exercer son action. Elle a vaincu le dogme calviniste’de la prédestination ; elle a ébranlé dans la société catholique la confiance en la vertu salutaire des œuvres; elle a entamé les religions païennes ; elle est l'expression la plus pure, la quintessence de la conscience de l'humanité. Et c’est ainsi que le témoignage de notre conscience personnelle, ratifié par le témoignage de Jésus-Christ, se trouve confirmé de la manière la plus éclatante par le témoignage du Saint-Esprit à travers toute l’histoire. |

Ce témoignage devra également affirmer sa puissance

dans la crise spirituelle qui agite et bouleverse le monde moderne. |

La victoire lui est assurée contre le matérialisme et le panthéisme, car la voix de la conscience émane d’une volonté supérieure, objective, indépendante de la volonté de l’homme ; et s’il peut arriver qu'un individu la méconnaisse jusqu’à la nier, jamais cependant on ne la réduira au silence dans l'humanité.

Le plus grand danger n'est pas de ce côté; il est du côté de ceux qui se réclament de Christ, mais qui, ne saisissant pas le sens intime de son enseignement, prèéchent en son nom des doctrines qui lui sont étrangères. C'est de nouveau, ou plutôt c'est toujours le dogme de la justification par la foi qui est en cause.

Ce dogme, après avoir traversé une première crise aux temps des Apôtres et une seconde aux temps de la Réforme, en traverse une troisième de nos jours; et il ne pourra reprendre sa marche triomphale que lorsqu'il sera sorti purifié, retrempé, rajeuni, de cette nouvelle épreuve.

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