‹ Publications spécialesChapitre 108 sur 274 · I. Cf. Rauschen, Neue Untersuchungen^ etc., pp. 262 et · texte numérisé non relu

I. Cf. Rauschen, Neue Untersuchungen^ etc., pp. 262 et

touchant l'âge d'un poème comme notre Voyage en Oriera ', à plus fiorte raison ne pent-il rien prouver pour un récit tel que la Descriptio. D aurait appartenu à M. Rauschen, qui, par ailleurs, a si bien marqué la différence de nature des deux textes ', de reconnaître que l'auteur de la Descriptio pouvait, à n'importe quelle date, s'abstenir de toute allusion à la Croisade. Pour donner à son récit un air d'ancienneté, le plus sûr moyen était même d'éviter la mention de faits contemporains ou récents. A supposer que la Descriptio ne révélât à aucune trace, qu'au moment où écrit l'auteur la première Croisade a eu lieu, il ne s'ensuivrait pas forcément qu'il n'a pu l'écrire qu'avant 1096.

Mais il nous paraît impossible de ne pas reconnaître que le récit tout entier a été Conçu sous l'influence de la Croisade et l'expédition de Charlemagne à son image. La Descriptio ne fait pas d'allusion directe à l'expédition de 1096, mais la prétendue croisade de l'empereur semble en reproduire les circonstances et certains des principaux incidents. On avait déjà constaté une correspondance parfaite entre la façon, dont elle nous représente Jérusalem et la situation de la ville sainte, au moment de sa prise par les Turcs Seidjoucides ^ Elle nous apparaît comme une ville libre, indépendante de la domination musulmane et dont le vrai maître est le patriarche. C'est à peu près exactement ce qui était, vers 1073, à Jérusalem, où même, de 1063 à 1070, grâce aux libéralités de Constantin XI Ducas, les chrétiens avafent occupé seuls un quart, fermé de murs, de la sainte cité, s'administrant eux-mêmes sous la seule autorité de leur patriarche *. A cette même époque, et depuis 1021, les empereurs grecs exercent sur les Lieux Saints le droit de protection concédé jadis à Charlemagne par le calife Haroun^ C'est ce qui explique, que

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