Cf. Riant, Archives de V Orient latin, I, p. 14, note
5. C*était l'effet d'un accord survenu en 1021 entre Michel IV et le sultan d'Egypte Daher. Les etnpereurs grecs exercèrent ce droit jusqu'à la prise de Jérusalem par les Turcs. Cf. Riant, îoc, «'/., p. 13.
dans la Descriptio le patriarche Jean, chassé de sa ville, s'adresse tout d'abord à Constantin comme à son protecteur naturel '.
Ici même, l'influence de la réalité presque contemporaine a eu pour effet, de dénaturer le rôle antérieurement joué par Charlemagne et de faire oublier, que, de son temps, c'était lui qui exerçait ce droit de protection sur les Lieux Saints. L'auteur n'a pas pu se soustraire à l'influence de ce qu'il avait vu lors de la préparation de la Croisade. C'était l'empereur grec, qui, alors, en vertu des droits acquis par lui sur Jérusalem, devait courir à son secours ou du moins prendre l'initiative et la direction de la Croisade. Son rôle réel fut, on le sait, beaucoup moins glorieux. Il se borna à implorer le secours et l'intervention des chrétiens d'Occident, pour leur susciter ensuite toutes les diflScultés et tous les embarras. Cette attitude dut diflicilement être comprise des contemporains. Le sentiment populaire ne pouvait qu'être choqué, de voir le chef de la chrétienté, désertant son devoir, laisser au roi de France et à ses chevaliers le soin de venger l'insulte faite au tombeau du Christ.
Nous en avons une preuve dans l'effort, que fait l'auteur de la fameuse lettre d'Alexis Comnène pour justifier l'appel supposé de l'empereur au comte de Flandre. C'est la nécessité qui l'oblige à réclamer le secours de l'Occident. Les Musulmans sont maîtres de toute l'Asie Mineure et de l'Archipel. Ils menacent même Constantinople. Tous ses efforts pour les arrêter sont impuissants. Il lui faut sans cesse reculer et fuir devant les envahisseurs. Il est lui-même dans une situation si précaire, qu'il ne peut évidemment aller secourir Jérusalem *. Son appel aux chrétiens d'Occident apparaît, dès lors, comme tout naturel, et c'est évidemment ce qu'a voulu le clerc, qui, pour exciter les seigneurs français à la Croisade, écrivit et fit répandre cette fausse lettre.
C'est le même souci qui se marque dans la Descriptto, quand il s'agit d'expliquer, comment l'empereur Constantin commet à Charlemagne le soin qui semblait plus naturellement lui incomber, de