Cf. Rauschen, Neue Untersuchungen, etc., p
Il n'est même pas probable, que la présence des reliques et la solennité de TEndit fussent fort anciennes, au moment où fut écrite la Descripiio. Toutes les affirmations contraires, en l'absence de preuves positives, restent purement arbitraires. Aucun texte, antérieurement à la DescriptiOy ne mentionne la présence à Saint-Denis des reliques, qui firent plus tard la popularité de son Endit et de la foire qui se développa à son occasion.
On avait cru pouvoir, d'un passage des Gesta Philippi Augusti de Rigord ', tirer la preuve que le clou et la couronne étaient à l'abbaye depuis 1053 *. Mais son témoignage est unique; de plus, le fait, à propos duquel sont mentionnées les reliques, n'est pas, dans les autres chroniques qui le relatent, accompagné de la même mention '. Enfin, Rigord a écrit sa biographie vers la fin du xii® siècle, à une date, où, depuis longtemps, Saint-Denis a réussi à faire accepter, comme des faits très anciens, la possession de ses reliques et l'établissement de son Endit. Toutes ces raisons nous forcent à conclure que son témoignage n'a pas la valeur qu'on lui attribuait. Il ne saurait prouver, qu'en effet, en 1053, le clou et la couronne se trouvaient déjà à Saint-Denis. C'est plus probablement Rigord, qui a projeté dans le passé une réalité présente qu'il croyait très ancienne. Au récit des événements de 1053 il a ajouté quelque chose, qui n'est vrai que postérieurement à cette date ^.
En réalité, tous les textes, où il est. question des reliques de Saint-Denis, sont postérieurs à notre Descripiio 5, et celle-ci est
1. Cf. Tloss, Geschichtîiche Nachrichten ùbtr die Aachener Heiligthûmery p. 47.
2. Le passage est cité par Rauschen, Neue Uniersuchungen, p. 175. A propos d'une cérémonie en Thonneur des ossements de saint Denis, qui eut lieu le 9 juin 1053, Rigord mentionne des reliques « reclusa in alia cr^'ptula auro et gemmis extrinsecus decorata, in qua sub duabus seris etiam Christi Domini clavus et corona simul asservabantur. »
3 . Notamment, le moine de Saint-Denis, Haymon^ raconte le même fait sans faire la moindre allusion aux reliques de la Passion. Cf. Rauschen, Neue UntersuchUngen, etc., p. 275.