‹ Publications spécialesChapitre 12 sur 274 · Cf. De Mély, op. cit. y p · texte numérisé non relu

Cf. De Mély, op. cit. y p

3^ CHAPITRE n

est plus récent qu'on ne le pensait. On admet en efFet qu'il fut composé à l'occasion de TEndit des reliaues de Saint-Denis, pour être récité à la célèbre foire, qui de bonne heure accompagna cette fête. C'est ce qu'atteste l'importance accordée par le poème à l'histoire de ces reliques et ce que viendra confirmer Encore l'étude de son caractère et de sa vraie nature '. Or, l'existence de cette foire n'est attestée de façon certaine qu'au xii* siècle. Le premier texte authentique où elle est mentionnée est de 1122. Toutes les afiîrmations relatives à son antiquité et à celle de la fête elle-même sont purement arbitraires. La seule opinion, qui se fonde sur quelques preuves, tend au contraire à considérer la foire qui se tenait au mois de juin au Champ de l'Endit comme d'institution récente et postérieure à 1108^. Si l'on admettait cette hypothèse de l'abbé Lebeuf, la destination de notre poème nous obligerait à le tenir lui-même pour postérieur à cette date . Mais, en attendant que nous en ayons reconnu la valeur, nous ne pouvons que tirer de là une nouvelle présomption en faveur d'une opinion très différente de celle que l'on soutenait touchant l'âge du Foyage en Orient.

On peut s'étonner qu'on ne se soit jusqu'ici jamais avisé des indications contraires que semblaient donner de pareils faits. Elles méritaient cependant qu'on les examinât, ne fût-ce que pour les écarter. Leur valeur s'accroît maintenant du fait que l'étude du récit apparaît impuissante à appuyer les conclusions que l'on en prétendait tirer. Comme aucune des preuves alléguées ne nous oblige à dater le poème de la fin du xi*" siècle, on peut se demander si la mention Jes reliques « invraisemblables » et sa destination précise n'indiquent pas qu'il est en réalité du xii*. Mais c'est l'étude de sa langue, qui seule peut nous fournir la confirmation de ces doutes. Comme le disait Gaston Paris, et maintenant, on le voit, avec plus de raison encore, « c'est à l'étude linguistique à décider '. » C'est à elle qu^il faut demander l'élément certain de datation que l'étude du récit lui-même est impuissante à fournir.

1. Cf. G. Paris, R&mania, IX, p. 49 et Poésie du moyen dge^ pp. 145 sq.

2. Cf. Lebeufj Histoire de la Banlieue ecclésiastique de Paris ^ 1754, pp. 250 sq.

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