Cf. suprdy p
si longtemps laissé des églises comme' Compiègne et Orléans se prévaloir l'une de son suaire, l'autre de son bois de la Croix, sans revendiquer elle aussi la possession de certaines reliques de la Passion. Sans faire remonter très haut la présence à Tabbaye du clou et de la couronne, on peut supposer que le souci d'assurer son prestige ne lui permit pas de les laisser ainsi prendre de l'avance dans la faveur populaire. Ses prétentions doivent être à peu près contemporaines de celles de Compiègne, d'Orléans et de Chartres, mais toutes ensemble ne paraissent pas remonter au delà du milieu du xi*" siècle. C'est la vraie conclusion de l'étude consacrée par M. Morf à l'examen de ces traditions et de la comparaison des textes où nous les voyons s'exprimer '.
On peut donc admettre, qu'antérieurement à la date où fut écrit le récit de la Saga, Saint-Denis se flattait de posséder, et depuis un certain temps, le clou et la couronne. Le silence de ce récit à leur égard prouve, sans doute, qu'à cette date Saint-Denis n'avait pas encore adopté la version, que, plus tard, la Descriptio s'efforça d'établir et de propager touchant l'origine de ces reliques. Compiègne avait fait de même*. Vraisemblablement, Saint-Denis, comme d'abord Compiègne et sans doute à son exemple, se bornait à prétendre, qu'elle tenait ses reliques de la Passion de Charles le Chauve, son bienfaiteur à elle aussi, sans se préoccuper de reconstituer leur histoire antérieure. C'était peut-être la vérité en ce qui concerne le Saint Suaire '. Compiègne y renonça, après 1092, et ne prétendit tenir sa relique de Charlemagne lui-même que pour évincer définitivement des prétentions rivales.-
Il en fut probablement de même de Saint-Denis. La seule diflférence, c'est que rien ne nous permet de supposer, qu'elle avait bien reçu de Chjirles le Chauve son clou et sa couronne. Si ce prince fat, en effet, un des principaux protecteurs de l'abbaye, s'il s'employa à obtenir du pape la confirmation de ses privilèges, si