Cf. supra, pp. 163 sq
Goulet. — Voyage de Charlemagne en Orient. t^
Si quelque doute pouvait encore subsister, ce que l'on sait de l'origine probable de TEndit suffirait à le dissiper. Il faut, en effet, distinguer de l'arrivée des reliques l'institution de la dévotion, spéciale et solennelle, dont, à un moment donné, elles devinrent l'objet à Saint- Denis. Pour l'une nous n'avons pu fixer, d'après des vraisemblances, qu'une date très approximative, pour l'autre, au contraire, il semble qu'il soit possible d'arriver à une précision plus grande.
Sur ce point, il est vrai, la Descriptio n'a pas peu contribué à égarer les esprits et à altérer une histoire, que l'absence de documents rendait déjà assez obscure. Mais il n'y a aucune raison de penser, que l'établissement de l'Endit de Saint-Denis ait été contemporain de l'arrivée des reliques, pas plus du reste qu'on ne doit tenir pour assuré, que celui d'Aix-la-Chapelle datait du don même des reliques, que lui avait fait Charlemagne. La seule chose certaine, c'est qu'au moment où fut écrite la Descriptio, il y avait à Aix un Endit, à l'analogie duquel celui de Saint-Denis prétendait avoir été fondé. Quoique le premier ne soit pas connu avant la Descriptio, il est naturel de supposer, d'après le récit lui-même, qu'il a précédé l'autre et vraisemblablement de beaucoup. Celui de Saint-Denis n'en est sans doute que l'imitation tardive et, sans doute, récente. Si, en effet, l'on fait abstraction de la Descriptio, le premier texte, où il soit question de l'Endit de Saint-Denis, est de 1122 '. Un autre, de peu postérieur et plus fréquemment cité, est la donation, faite en 11 24, à l'abbaye par le roi Louis VI, « des revenus de la foire du Lendit créée pour la célébration des saintes reliques du clou, et de la couronne du Seigneur ^ ». Ce dernier a en outre ceci d^intéressant, qu'il se réfère manifestement à la Descriptio, consi-
1 . C'est une charte, par laquelle Louis VI le Gros, confirmant les possessions de Tabbaye et lui accordant de nouveaux privilèges, renonce à son profit aa projet d'élever certaines « maisons et hostises » depuis remplacement de Lendit jusqu'à Paris. Cf. Luchaire, Louis VI le Gros, p. 145.