‹ Publications spécialesChapitre 133 sur 274 · Cf. Doublet, op. cit. y p · texte numérisé non relu

Cf. Doublet, op. cit. y p

On prétendait probablement qu'elles avaient été données par Charies le Chauve. Si on les exposait à la vénération des fidèles, c'était sans les distinguer des autres reliques possédées par l'abbaye. Toutes ensemble, elles devaient figurer, le 26 février, à la fête de la dédicace de l'Église et, peut-être le 9 octobre, à celle de saint Denis et de ses compagnons. Pendant tout un temps,, le clou lui-même et la couronne ne jouent à Saint-Denis qu'un rôle accessoire.

C'est probablement l'exemple de Compiègne et la popularité rapide de son Suaire, qui détermina l'intérêt spécial porté par les moines de Saint-Denis à leurs reliques de la Passion. Vers la fin du XI* siècle, ils durent déjà montrer assez de zèle à prôner leurs reliques, pour que Compiègne se sentit obligée de modifier l'histoire de son Suaire» Mais c'est plus sûrement encore l'acquisition par Notre- Dame de Paris d'un fragment du bois de la Croix et l'institution, presque à sa porte, d'une fête annuelle en son honneur, qui stimula l'ardeur de l'abbaye en faveur des reliques de la Passion, qu'elle prétendait posséder dçpuis longtemps. Elle prétendit sans doute tout d'abord posséder, elle aussi, un fragment du précieux bois. Tel est, croyons-nous, le vrai sens de la revendication particulière, par laquelle la Descriptio se distingue du récit des moines de Compiègne. Elle est dirigée, moins contre les prétentions d'Orléans, que contre celles toutes nouvelles de Notre-Dame de Paris '. C'est parce qu'elle aussi possédait, et plus nombreuses, des reliques de la Passion, que l'abbaye voulut sans doute prendre part à la fête, que venait d'instituer l'Évêque de Paris.

Dès ce moment, son ambition dut être de mettre la main sur la fête, comme de bonne heure elle s'efforça de tirer à son profit l'institution de la foire qui ne tarda pas à l'accompagner. Mais, pendant longtemps, elle dut probablement se contenter d'un rôle plus modeste, de celui que lui concédait l'évêque de Paris, maître de la fête religieuse et de la foire, et sur le domaine duquel l'une et l'autre avaient lieu. On peut supposer, qu'à l'origine l'abbaye apportait ses reliques à l'endroit, où le clergé de Paris apportait lui-même

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