Cf. Molinier, Sources de V Histoire de France, II, p
Maur, auteur de VHistoria Francorum. Il est aisé, en effet, de voir que ce résumé de la DescriptiOy introduit ainsi dans le texte, a pour objet très précis d'authentiquer les traditions, que Saint-Maur voulait voir s'établir relativement à l'origine de ses reliques *. Ce que prouve ce passage, c'est uniquement que Saint-Maur, comme bien d'autres églises sans doute, n'hésitait pas à utiliser à son profit la fiction mise en circulation par la Descriptio. Il nous atteste aussi, que le moine, auquel nous le devons, avait de celle-<:i une connaissance assez précise. Mais la chose est toute naturelle, à la date relativement récente où il fit sa copie. C'est lui, et lui seul, qui fait allusion à la légende mise récemment en vogue par le succès de la Descriptio. Le passage n'appartenant pas au texte de YHisioria Ecclesiastica ne peut prouver, qu'en irio Hugues de Fleury connaissait lui aussi le récit du moine de Saint-Denis *.
Il l'a connu cependant, au point d'y faire très nettement allusion dans un de ses ouvrages. Même il est aisé de constater, que, comme le moine de Saint-Maur, il en résume très exactement les données essentielles '. Mais l'ouvrage, où se trouve cette allusion, le Liber modernorum regum Francorum, est très sensiblement postérieur à son Historia Ecclesiastica, Si l'on n'a pu déterminer précisément l'année de sa composition, on est d'accord pour reconnaître qu'on
1 . Dans le texte de Y Historia Francorum^ ce qui fait suite au passage qui nous intéresse, c'est en effet la mention des courroies ayant lié les mains du Christ. Elles auraient été, selon l'auteur, rapportées d*Orient par Chai^lemagne et données par lui à Saint-Maur-des-Fossés, en même temps que Compiègne recevait la 52Won et Saint-Denis le clou et la couronne.
2. Il est manifeste au contraire, qile, lors de sa deuxième édition aussi bien que lors de la première, il ignorait également la Croisade et le Pèlerinage de Charlemagne. Dans son livre VI, quand il a à parler des rapports de l'empereur avec Jérusalem, il se borne à reproduire presque textuellement le chapitre xvi de la Vita /fdro/j d'Eginhard. Cf. Monum. Germ. hist. Script., IX, 361.
3. « Qui [Karolus Calvus] cum esset vir gloriosus atque magnanimus valde, edificavit in regno suo Compendium villam et eam Karnopolim suo de nomine vocari precepit : quam etiam preciosa Domini nostri Jesus-Christi sindone nobiliter . insignivit. Obtulit enim idem serenissimus rex sancto mariiri Dionisio unum de clavis quibus in cruce fuit adrïxum corpus domlnicum et quamdam ligni sanctae crucis portiunculam cum quadam particula spineîe coronae nostri Redempioris a. Monum. Germ. hist. Script.^ IX, 377.
peut la faire descendre jusqu'à 1125, et qu'elle est en tout cas postérieure à 1114 *. Peut-être le texte d'Hugues de Fleury n'est-il que de peu antérieur à l'acte de 11 24, par lequel Louis VI, accordant certains privilèges à Saint-Denis, se réfère à la Descriptio comme à l'histoire authentique des reliques de l'abbaye *. Il est en tout cas le premier, qui atteste l'existence de cette Descriptio et, même si l'on adopte le terme le plus ancien fixé pour sa rédaction, tout ce qu'on pourra en conclure, c'est qu'en 11 1 5 la Descriptio était écrite et déjà connue. C'est une conclusion, dont nous pourions nous-même nous accommoder et qui ne contredit en rien les résultats auxquels nous sommes arrivés par ailleurs ^ En réalité, rien, dans la Descriptio elle-même ni en dehors d'elle, ne s'oppose à ce que nous maintenions la date approximative fixée par nous pour sa composition. Il reste, croyons-nous, établi, qu'elle a été écrite assez longtemps après la Croisade, et quelques années après 11 09.