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3. Le chapitre xvi de son Panthéon a exactement pour titre: « Karolus pergit peregrinus lerosolimani per Constantinopolim sed revertitur per Siciliam, Calabriam et Apuliam. » Monum. Germ. hist. Script., XXII, p. 222.

teur du récit de la Saga^ met au premier plan. C'est au Saint Suaire de Compiègne que tous deux s'intéressent surtout. Il est donc certain, que Richard a suivi le récit imaginé par le clergé de Compiègne. Pourquoi seulement le héros du Voyage est-il non plus Charlemagne, mais Charles le Chauve ' ?

Comment expliquer cette substitution, que nous constatons également dans d'autres récits, ou dans des traditions analogues ? D'après certains textes, l'église de Chartres racontait de même, que sa relique principale, la chemise de la Vierge, lui avait été rapportée de Byzance par Charles le Chauve*. Est-ce une fantaisie ou le fait de l'ignorance de ses clercs ? On pourrait également supposer avec vraisemblance, que ce sont ces églises elles-mêmes, Compiègne et Chartres, qui auraient imaginé cette transformation de la légende primitive. En particulier, on voit ce que la première pouvait gagner à renoncer à la fiction, d'après laquelle Charlemagne lui aurait donné sa relique. C'est Charles le Chauve, qui en réalité avait fondé, protégé, enrichi l'abbaye de Saint-Corneille. La légende imaginée pour expliquer la présence du Saint Suaire devait gagner en autorité, si elle avait ce même roi pour héros. On peut donc considérer, que Richard de Cluny a reproduit une forme de la légende du Voyage en Orient, que le clergé de Compiègne avait adoptée, à un moment donné, dans l'intérêt de sa principale relique.

Ce récit, en tout cas, nous atteste combien peu les clercs se préoccupaient de respecter la tradition primitive. Et ce qui achève de nous le prouver, c'est que, sans qu'on en voie la raison, un jour vint, où

1 . Un fragment de cette relation de Richard de Cluny est cité par Léon Gautier, Épopées françaises, 2* éd., III, 291, d'après Bouquet, Historiens de France, VII, 259: <f Karolus Calvus post mortem fratrum suorum régnât super Francos annis xx. Hic cum Normannis et Britonibus saspe conflixit. In Hierusalem quoque, cum magno, ut fertur, perrexit exercitu orationis gratia. Inde vero post Çonstantinopolim rediens repetiit Franciam, ubi nobilem ecdesiam apud Compendium castrum de novo construxit, multisque reditibus et prœdiis illam ditavit, insuper reliquiis quas de Hierosolymis et Constantinopoli advexerat, eamdem insignivit. Inter quae pretiosissimum sudariuni Christi Domini, quod in sepulcro habuit, in prasfata ecdesia reposuit quod usque hodie ibidem conservatur. »

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