‹ Publications spécialesChapitre 151 sur 274 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Des deux études qui précèdent il résulte, que notre poème du Voyage m Orient est très nettement postérieur au plein épanouissede la légende cléricale et en particulier à cette Description dont son origine, son objet et sa destination particulière le rapprochent tant. ' Comme elle, il a été écrit sinon à Saint-Denis, du moins dans la r^ion voisine ' ; il consacre une large part à l'histoire des reliques de l'abbaye et rappelle la fiction que la Descriptio s'était efforcée d'établir ; enfin, il a été composé pour contribuer à l'éclat de la fête et Me la foire de l'Endit, dont celle-ci, avons-nous vu, avait voulu ' consacrer la fondation. Dans ces conditions, l'hypothèse qui se présente tout naturellement à l'esprit, c'est que le poème a dû connaître et utiliser la légende adoptée par l'abbaye.

Il ne semble pas que l'on puisse le considérer autrement, que comme une forme nouvelle et un remaniement de' la tradition créée par Benoît de Saint-André. Sa matière et son cadre lui auraient été fournis par la légende du Voyage en Orient. Quels que soient le développement et le caractère particulier donnés par lui au voyage à Constantinople, son récit des deux expéditions serait l'expression directe de cette tradition, dont un des traits constitutifs est précisément l'union indissoluble des deux voyages à Jérusalem et à Constantinople .

Ce n'est pas, il est vrai, ainsi que l'on se représente d'ordinaire

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