Cf. supra, p
temps pour cela et nous devinons, qu'elle eut surtout pour but de rendre plus vraisemblable l'histoire de ses reliques. En effet, la modification, qu'il introduit par ailleurs dans la tradition du pèlerinage ne vise qu'à la rapprocher un peu plus de l'histoire. Ce n*est pas une fantaisie de l'auteur, s'il raconte que les reliques acquises par Charlemagne à Jérusalem lui ont été données non pas, comme le disait la DescriptiOy par l'empereur grec, mais par le patriarche de Jérusalem. C'est, sans doute, afin que la piété de Charles soit récompensée * par une personne autorisée, mais c'est surtout pour se conformer à la tradition historique, d'après laquelle les reliques reçues par lui de Jérusalem lui avaient été envoyées par le patriarche *.. — Rien dans cette histoire des reliques de Saint-Denis, que nous raconte le Voyage en Orient, ne nous paraît inventé par l'auteur. Tout, au contraire, trahit le même souci de la vraisemblance, qui caractérise le développement de la légende du Voyage en Orient au service des intérêts spéciaux, qu'elle eut toujours pour objet de défendre. Cette version nouvelle n'est, par rapport à la Description qu'une forme plus récente de l'histoire imaginée par l'abbjiye de Saint-Denis en faveur de ses reliques. On peut considérer, qu'au moins dans ses traits essentiels, elle était celle, qui avait cours h Saint- Denis même, au moment où fut écrit notre poème.