‹ Publications spécialesChapitre 16 sur 274 · Cf. G. Paris, Chanson de S^ Alexis, p · texte numérisé non relu

Cf. G. Paris, Chanson de S^ Alexis, p

42 CHAPITRE ill

paraît encore ne pas connaître cette chute du t final, ce qui sem-^blerait indiquer qu'il a écrit avant l'époque où fut composé le Roland. C'est un des faits en apparence les plus probants, que l'on ait cités pour affirmer l'ancienneté du poème, et son importance mérite qu'on l'examine de plus près.

Tout d'abord, Koschwitz n'avait relevé dans notre texte que sept cas, où une désinence verbale atone en -et précédait un mot commençant par une voyelle. Dans six, la mesure du vers lui semblait exiger le maintien intégral de la syllabe et, une fois seulement, il constatait son affaiblissement, marqué par la chute de la consonne finale et l'élision de la voyelle. Il en concluait que, à l'époque où fut écrit le poème, l'affaiblissement était encore l'exception. Par suite, le Voyage serait plus récent que Y Alexis^ qui l'ignore absolument, mais semblerait plus ancien que le Roland^ où les exemples d'affaiblissement et d'élision sont infiniment plus nombreux '. Depuis, Koschiwitz a cru pouvoir rendre plus formel encore le témoignage de notre poème sur ce point de l'histoire de la langue. D'une part, par une correction jugée nécessaire, il a fait disparaître le seul cas où primitivement il constatait l'affaiblissement de la syllabe -et et, d'autre part, il a cru trouver deux nouveaux exemples attestant le maintien intégral de cette même syllabe. Il s'autorisait de cela pour renforcer sa conclusion première et affirmer que, selon toute vraisemblance. Fauteur du Voyage ignorait absolument la chute du / final, ce qui correspondrait à un état de la langue antérieur au Roland et presque contemporain de V Alexis \

Une première question est celle de savoir, si tous les cas relevés et observés attestent bien la conservation du / final. Sans doute, il ne

1. D*après Hill (Ueb&r dos Metrum itn RoîandslÎMde, pp. 24 sq.) et Gaston Paris (RomaniUy 1874, p. 399), Koschwitz {Rotnanische Studiefiy II, p. 36) admettait que dans le Roland les exemples d*élisions étaient dans la proportion de 20 sur 60 cas observes. Depuis (4« édition du poème, p. xvi), il a adopté Topinion de Freund (Ueber die Verbalflexion der àltesten fran^ôsischen Sprachdenkmàîer^ p. 17), qui considère Télision comme la plus fréquente dans le Roland. Il se réfère également au jugement de MûUer pour qui Téliston est, déjà dans le Roland^ aussi fréquente que lanon-élision.

Page 1