‹ Publications spécialesChapitre 161 sur 274 · Cf. stiprdy p. 275, note · texte numérisé non relu

Cf. stiprdy p. 275, note

2. Cf. la quatrième édition du poème, v. 100-108, et la note au v. 100.

Turcs et des Persans ; ils arrivent à Lalice (Laodicée) où ils traversent un fleuve, puis en Terre Sainte et enfin à Jérusalem.

Une des lacunes de cet itinéraire est de ne pas marquer, comment de « Romanie » les Français passent en Asie Mineure et, étant donné qu'il n'est pas question d'une traversée par mer, Gaston Paris signalait comme une étrangeté le fait, que, suivant la voie de terre et traversant la « Romanie », ils ne voient cependant Constantinople qu'au retour'. Mais pourquoi n'admettrait-on pas, que la lacune est imputable au copiste et qu'elle intéresse non pas la conception, mais la seule tradition du poème.? En beaucoup d*au très endroits, l'éditeur a dû constater, que le scribe avait laissé tomber des vers, dont l'absence rend parfois le texte fort obscur. Pourquoi ne pas supposer, que, dans ce -passage aussi, un ou deux vers se sont perdus, où se trouvait mentionné le passage par mer des Français de « Romanie » en Asie Mineure ?

Une version galloise de notre poème, et les trois rédactions du Galieny d'accord avec le récit de la Karlamagnus Saga, nous présentent le Voyage de Charlemagne en Terre Sainte comme une traversée '. De l'accord de ces versions du poème, pourtant si différentes les unes des autres, il paraît naturel de conclure, que l'original faisait sans doute passer la mer à Charlemagne et à ses compagnons. C'était la donnée môme du récit de Benoît de Saint- André, d'où est sortie toute la légende du Voyage en Orient, et qui correspondait à une réalité. Longtemps, les pèlerins avaient préféré la route de mer aux difficultés et aux dangers, que présentait la traversée de l'Europe, Les pèlerins s'embarquaient le plus souvent dans un port méridional de l'Italie, mais, parfois aussi, ils allaient en Grèce et en « Romanie », tout comme Charlemagne, s'embarquer à Salonique ou dans tout autre port de la Turquie d'Europe, pour gagner de là, la Palestine. Il est donc très vraisemblable, que, loin d'imaginer un itinéraire fantaisiste, l'auteur du Voyage en Orient décrivait très correctement la route suivie par les Français.

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