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Cf. Gaston Paris, Rotnania, IX, p

tant, que, dans le « mostier », Dieu célébra non la Cène, mais la première messe * . Comment expliquer que ces allusions si reconnaissables, ces détails et ces souvenirs si précis, soient ainsi appliqués à une église, à laquelle ils sont totalement étrangers ?

Ce mélange de traits exacts, d'incohérences et d'erreurs avait paru trahir l'ignorance de l'auteur et son impuissance à se représenter la topographie réelle de Jérusalem. Même, Gaston Paris avait cru pouvoir en tirer une indication sur la date du poème, et, de ce que ces notions lui paraissaient « trop vagues et trop incohérentes pour appartenir à l'époque, où Jérusalem devenue ville française fut assez exactement connue », il en concluait que le Voyage avait été écrit avant les Croisades. Nous avons déjà examiné la valeur de cet argument ^. Il serait probant, si le poète s*était borné à reproduire les notions répandues de son temps parmi le peuple sur Jérusalem. Mais certains éléments de sa description sont trop exacts et trop précis pour avoir été empruntés aux idées populaires. Et, si l'on admet, qu'il les a pris dans des récits de pèlerins et <ians des relations authentiques, il est impossible de rien conclure touchant l'âge de son poème.

Mais en outre, et surtout, l'ignorance de l'auteur ne peut plus expliquer les étrangetés et les incohérences relevées dans son tableau de Jérusalem. S'il a utilisé des récits et des descriptions authentiques, qui lui fournissaient, exactement rapportés, les divers traits empruntés par lui, la confusion constatée dans ce tableau ne peut être le fait que de sa négligence ou de sa fantaisie. Or, son effort pour se « documenter )),et surtout la nature particulière de l'altération subie par les éléments empruntés excluent la première de cçs deux hypothèses. Les erreurs et inexactitudes, qu'on constate, ne sont pas en effet des altérations quelconques, dues à l'insouciance, à l'ignorance et au hasard. Elles ont ceci de particulier, qu'elles consistent toutes dans l'attribution à un même lieu, de traits et de détails réels et exacts, mais qui appartiennent à d'autres lieux. L'auteur a emprunté aux

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