Cf. Éd. Stengel, v
LE CARACrrÈRE POPULAIRE DU POÈME 29 1
af&rmer, que Charles avait réellement conquis la capitale grecque. . Nous verrons, en effet, qu'il Ta connu et qu'il en a utilisé certains traits. C'est peut-être même la seule chanson qu'il ait connue directement.
Il connaît en tout cas la légende de Roncevaux et on en a la preuve au rapport de temps, qu'il s'efforce d'établir entre le Voyage qu'il raconte et l'expédition d'Espagne. C'est un procédé, que nous avons vu employé de façon à peu près constante par l'auteur de la Karlamagnus-Sagûy pour masquer l'hétérogénéité des récits qu'il compilait et pour situer les événements racontés par eux dans l'histoire poétique de Charlemagne '. Cette préoccupation, moins nécessaire en ce qui concerne le récit isolé du Voyage en Orient, se marque très nettement dans noire poème. Dans un passage souvent cité, le poète fait allusion, comme à un événement futur, à la guerre contre les Sarrasins d'Espagne ^, et la gaucherie même, avec laquelle est amenée l'allusion, nous atteste l'intérêt qu'il prend à représenter le Voyage comme antérieur à la fameuse expédition '. Au moment, où le patriarche remet à Charlemagne les reliques demandées, il le prie en retour de protéger les Chrétiens des entreprises des Sarrasins. L'empereur s'y engage sans hésiter et promet en effet d'aller les combattre en Espagne. Tel est le sens clair de ce passage trop controversé ^. Même si l'on adopte l'interprétation de