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I. Cf. Romania^ XIII, p

intéressant pour nous à vérifier est celui du rapport, qu'on peut découvrir entre les héros du Voyage^ les gahs qui leur sont attribués et, d'autre part, leur caractère traditionnel. Cest une nouvelle façon de reconnaître, si l'auteur était réellement familier avec notre ancienne épopée.

Il eût été malaisé à M. Morf de nier le rapport évident, qu'il y a entre Icgab de Roland et la personnalité épique du héros. Quel qu'ait pu être le personnage dans les traditions antérieures, c'est la légende de sa mort et la chanson de Roncevaux qui, pour l'épopée et pour l'imagination populaire, ont à jamais fixé ses traits. En raison même du rôle qu'y jouaient l'épée et le cor de Roland, on s'habitua à ne pas le concevoir autrement qu'armé de Durandal et sonnant de l'olifant. Déjà, dans la chanson même, Ganelon raille le héros, qui

Pur un sul levrc vait tut le jur cornant *.

Il suffit donc que le Voyage attribue à Roland un gab à accomplir avec un cor, pour que nous soyons assurés de l'identité du personnage. On peut même retrouver un trait plus précis de ressemblance. Il se peut bien, en effet, que le souvenir biblique des trompettes de Jéricho se soit présenté à l'esprit du poète ^, mais l'idée de faire ébranler par le cor de Roland les portes de Constantinople est avant tout la transposition sous une forme plaisante de la puissance, avec laquelle d'après la chanson le héros sonnait de l'olifant '. Ainsi l'exacte appropriation du gab de Roland à la personnalité épique du héros permet de penser, que l'auteur du Voyage connaissait non seulement le personnage, mais encore certains traits de la légende et, en par-

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