‹ Publications spécialesChapitre 174 sur 274 · Cf. Koschwitz, ibid,, p. xiv · texte numérisé non relu

Cf. Koschwitz, ibid,, p. xiv

geste. Il pourrait être, semble-t-il, attribué sérieusement à un compagnon quelconque de l'empereur, et c'est le hasard seul qui semble en avoir fait honneur à Charlemagne.

Cependant sa banalité • même pourrait l'avoir fait considérer comme l'exploit épique par excellence, et attribuer à Charles comme au personnage le plus considérable de l'épopée '. Il est, en effet, curieux de constater, qu'au xiv* siècle, quand un auteur comme Guillaume Guiart veut railler les exagérations de l'esprit épique, c'est précisément un exploit de ce genre qu'il prend pour exemple *. On supposait aussi, qu'en attribuant personnellement à Charlemagne l'idée ^'un si beau coup, l'auteur avait pu avoir en vue le passage du Roland où il est raconté que d'un seul coup d'épée l'empereur fendit la tête à l'értiir Baligant (v. 35 15-3619) ^ Mais l'exploit est si peu extraordinaire et a dans le récit si peu d'importance, qu'on ne voit pas pourquoi l'auteur du Vçyage l'aurait retenu comme caractéristique.

La vérité est, que l'un des traits, sous lesquels s'est conservé dans l'imagination populaire le souvenir de l'empereur, c'est précisément celui de sa grandeur et de sa force physiques ^. Le Pseudo- Turpitty en particulier, consacre tout un chapitre à nous rapporter

1 . Cest à peu près ce que pense M. Nyrop, qui précisément choisit et cite cet exploit comme le type des exagérations, où Ton tombe à la deuxième période de la poésie épique, quand les héros n'ont plus rien de populaire et sont créés de toutes pièces par l'imagination des trouvères. Cf. Storia delT epopea francese, trad. Gorra,

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