Cf. vers
4. Cf. rintroduction à la deuxième édition du poème, p. xxxv.
5. Il n'y a en tout cas rien à tirer du fait que le poète l'appelle Naimon Vaâuret (y. 62). C'est à tort que M. Morf (/?owa«ia XIII, 202) semble établir un rapport
Goulet, — Voyage df Charlemagne en Orient. 20
donner la vigueur que l'on sait, il ne lui attribua ce gab que parce que la tradition le représentait comme le <s vieux Naime ».
Aucune des raisons invoquées pour nier l'individualité de son gab n'est vraiment probante'. Peu importe, que nulle part ailleurs, dans l'épopée, on ne trouve d'allusion aux « nerfs durs » de Naime et qu'au contraire le Rolaftd * nous le montre vulnérable comme un autre aux coups de ses adversaires. La qualité attribuée à ses muscles peut être une invention du poète, mais elle manifeste, directement ou indirectement, la vieillesse traditionnelle du personnage. Il ne s'agit pas non plus de rechercher, si tel ou tel autre gab ne lui eût pas mieux convenu. Celui d'Emaut de Gironde n'eût pas été moins bien approprié à la personne de Naime, mais la raison en est simple, si, comme nous le verrons, ce dernier n'est autre chose qu'une « réplique » de celui de Naime. Le fait important que nous croyons avoir établi, c'est que la vanterie particulière de Naime est conçue dans un rapport étroit avec son caractère épique.
Il en est de même de celle de Turpin, encore qu'on semble avoir renoncé à en justifier lattribution '. On sait en quoi elle consiste. Qu'on fasse courir de front les trois meilleurs chevaux du roi Hugon Turpin se vante de s'élancer de telle sorte, qu'il en franchira deux et se campera sur le troisième. Puis, laissant les chevaux courir à toute force, il jonglera avec quatre pommes à la fois, sans qu'une seule lui échappe (v. 494, sq). L'exploit semble être imaginé pour mettre en évidence l'adresse d'un baladin et d'un jongleur de profession. Comment un tel gab peut-il convenir à la personnalité du héros, auquel le poème en fait honneur ? Comment, dit M. Morf, peut-il s'accorder avec la dévotion bien connue de ce personnage ? Et il en conclut que le hasard seul l'a fait attribuer à Turpin.
entre cette épithète et la qualité attribuée aux nerfs du personnage, comme si le mot avait ici un autre sens que celui de endurci à la guerre et par suite de vaillant.