Cf. Bédier, 1^5 FûWïflMX, p
toute féodale et <imie des chansons héroïques « la parodie inconsciente et bouffonne de l'épopée chrétienne ' ».
Il est si naturel d'en juger ainsi, que ceux mêmes, qui se sont le plus nettement déclarés contre, avaient commencé par considérer le Voyage en Orient comme conçu dans un esprit très différent, sinon opposé à celui de l'épopée. « Ce n'est pas une chanson de geste, disait Gaston Paris ' ; c'est un fabliau par le sujet comme par le ton. » De même, Koschwitz avait d'abord reconnu en lui une satire de l'épopée et, comme il était peu vraisemblable, qu'avant le XII* siècle, un jongleur se fût rencontré pour tourner son propre art en dérision, il n'avait pas hésité à admettre que cet auteur devait être un clerc '.
Depuis, l'un et l'autre sont revenus sur ce jugement et leur opinion dernière est que le Voyage n'est ni une satire,' ni une parodie de l'épopée. L'interprétation donnée du poème par Gaston Paris et adoptée par Koschwitz tend à faire de lui une œuvre d'inspiration analogue à celle des chansons de geste. Il serait destiné à flatter l'orgueil national, à mettre en lumière la supériorité constante des Français. Il ne saurait être la satire ni des mœurs chevaleresques, ni de l'épopée ^, Et c'est la façon de voir de Gaston Paris, qui semble maintenant acceptée à peu près unanimement. Elle a été reprise par M. Morf ^ et appuyée par lui de nouveaux arguments. Elle est adoptée par M. Nyrop ^ et c'est à elle que vient en dernier lieu de se ranger M. Suchier 7, Tous se refusent à carac-