‹ Publications spécialesChapitre 186 sur 274 · Cf. supra^ p. 328, notç i · texte numérisé non relu

Cf. supra^ p. 328, notç i

dessein arrêté de tourner en ridicule les héros de Tépopée. La gaieté de sa verve et le désir d'amuser son public auraient suffi à produire cette parodie « bouffonne et inconsciente » \

Ces atténuations et ces corrections apportées à l'expression d'une impression vraie nous semblent assez inutiles. Sans doute, l'objection, qu'on pouvait faire, a perdu beaucoup de sa force, du fait que nous plaçons non plus au xi*, mais vers le milieu du xii* siècle, la composition du poème. Mais de plus, s'il n'y avait pas d'autres raisons de douter, ce n'est assurément pas l'ancienneté du Voyage^ qui suffirait à nous empêcher de reconnaître en lui une parodie de l'épopée, faite par un trouvère. Ceux mêmes, qui le tiennent pour un poème essentiellement populaire et qui s'attachent à lui conserf ver une place dans le genre épique, sont, en effet, obligés d'avouer, qu'il est en un sens quelque chose d'unique, et que, par les tendances qu'il manifeste, il est de toute façon en avance sur son siècle. Il est, en tout cas, un commencement; il est l'expression, pre* mière et isolée de ce qui ne se manifestera pleinement que beau* coup plus tard. Il est la plus ancienne production de « l'esprit parisien » * et la première manifestation de la « poésie bourgeoise » ', laquelle n'existera véritablement qu'à l'avènement politique de cette bourgeoisie et au xiii* siècle. On admettait bien, que ce poème, si différent par l'inspiration des poèmes héroïques et chevaleresques^ était l'œuvre d'un trouvère du xi^ siècle. Pourquoi seule rintention parodique, cette autre manifestation de l'esprit bourgeois, n'existerait-elle pas dans le Voyage ^n Orient^ si surtout, comme nous le croyons, il appartient bien au second quart ou au second tiers du xn* siècle ? II suffirait d'admettre, que par là aussi l'auteur est en avance sur son siècle.

L'étude seule du poème- peut nous permettre de reconnaître, si réellement ou non, il renferme une idée de parodie ou de satire* Même, les rapprochements, que Ton a voulu faire entre lui et des

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