‹ Publications spécialesChapitre 187 sur 274 · Cf. Lanson op. cit., p · texte numérisé non relu

Cf. Lanson op. cit., p

2. Cf. Gaston Paris, Romanidy IX, 49 et Poésie du moyen âge, p. 147.

3. Cf. Gaston Paris, Romania, IX, 50 et Poésie du moyeri dge^ p.'r48è

œuvres d'inspiration en apparence assez analogue, n'ont fait que compliquer la question, et altérer le vrai caractère du poème. Notre Voyage en Orient est en effet quelque chose de très particulier, qui ne se confond dans aucun des genres, dont on a voulu le rapprocher.

C'est ainsi, qu'on l'a parfois assez improprement appelé un « fabliau épique » '. Cela revient, sans doute, à dire, que, sauf les personnages et le décor, qui sont empruntés à l'épopée, le poème est d'une inspiration toute différente de celle qui anime les chansons de geste : il ne serait, comme les fabliaux, qu'une «gaberie » efqu'un conte à rire. En le considérant ainsi, on n'exclut pas la possibilité d'y retrouver une tendance et une intention satiriques. Si, en effet, beaucoup de fabliaux ne prétendent qu'à amuser et qu'à Étire rire, certains sont, à n'en pas douter, des satires amusantes mais fort directes et très vives *.

Au surplus, le Voyage en Orient n'est-il vraiment qu'un conte à rire ? L'esprit, en tout cas, en est assez particulier. A l'encontre de la plupart des fabliaux, qui exploitent si largement la plaisanterie grasse et l'obscénité, le comique de ce poème est à l'ordinaire chaste, innocent, parfois même presque puéril. Faire rire de la fatuité de Charlemagne, de sa poltronnerie et de celle des Français en présence des « enchantements » du palais de Constantinople, amuser par l'énumération de leurs vanteries inoffensives, au moins pour la

plupart, au point de vue de la morale, nous les montrer penauds et repentants, dès qu'on les oblige à exécuter leurs gabs^ tout cela n'est pas le fait d'un auteur, qui cherche le succès en excitant chez son public des sensations grossières et basses.

Le seul gah d'Olivier semble encourir le reproche d'immoralité. Mais, même en ce qui le concerne, on ne comprend pas l'indignation de Léon Gautier ni les mots, dont il caractérise l'obscénité de tout le poème '. Il est, en effet, aisé de voir, à la façon dont ce gah est raconté, que, si l'idée en est une fois admise, l'auteur

1. Cf. supra, p. 329. et Gaston Paris, Histoire poétique de CharUmagne, p. 342.

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