‹ Publications spécialesChapitre 192 sur 274 · Cf. supra, pp. 524, sq · texte numérisé non relu

Cf. supra, pp. 524, sq

ration plaisante et comique qui s'y manifeste et la noblesse ou la gravité du poème, est^ à n'en pas clouter, une chose créée et voulue par le poète. Il ne faut donc pas nier ni atténuer les parties comiques du Voyage en Orient. Comme il ne dépendait que de Tauteur, en développant la donnée de la légende, de lui conserver son caractère primitif à la fois noble et sévère, l'introduction de l'élément contraire, qui est son fait, doit avoir sa raison d'être.

A-t-elle simplement pour but, comme on l'a dit ', de varier le ton du récit, de faire suc(!éder le plaisant au sérieux et de divertir le public, que la gravité du Pèlerinage voulait surtout édifier? Dans ce cas, l'effort de Gaston Paris et de Koschwitz, pour retrouver dans le poème une inspiration' vraiment une, serait assez vain. Il y aurait en réalité deux parties, ayant chacune son caractère et son objet. Si, en effet, M. Nyrop reconnaît dans le Voyage une pensée de fierté nationale et le désir de flatter l'amour-propre des Français, ce n'est plus' pour faire de cette idée, comme Gaston Paris, l'inspiration unique de tout le poème. C'est seulement pour nier le caractère parodique et satirique, attribué par certains aux parties plaisantes du récit. Pour lui, le Voyage n'est la satire ni des héros épiques ni de l'épopée ; mais on ne doit pas non plus, d'après lui, nier ou même chercher à atténuer la portée comique de certaines scènes et, en particulier, de la plus grande partie du Voyage à Constantinople. Leur objet est aussi net que celui des parties sérieuses du poème. Celles-ci ont pour but d'édifier, celles-là de divertir et de faire rire, la pensée d'édification devant se faire admettre d'autant plus aisément, qu'elle était mieux voilée sous des ornements gais et amusants. Ainsi notre poème serait conçu, d'après la formule, qui, pour la plus grande efl[icacité des œuvres moralisantes, prescrit le mélange du plaisant au sévère. Et, dans l'espèce, ce mélange aurait été une nécessité, si, ainsi que le suppose M. Nyrop, le poète s'était surtout préoccupé de la composition de son public, très populaire, aimant à rire et peu susceptible de s'intéresser à la lecture ou à la récitation d'un poème purement édifiant.

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