‹ Publications spécialesChapitre 198 sur 274 · Cf. Chanson de Rolandy v. 1761-1767 et v · texte numérisé non relu

Cf. Chanson de Rolandy v. 1761-1767 et v

et qu'ils ne songent pas à les voir se réaliser. Ce sont propos en l'air, imaginés pour passer le temps, dont l'intérêt réside dans 1 etrangeté des détails, et dans leur tendance à renchérir toujours sur ce qui vient d'être dit. L'essence du gab est d'être une plaisanterie, dépassant d'autant plus les limites du vraisemblable, qu'elle ne prétend passe réaliser. Comment M. Morf peut-il parler du « sérieux » de ces gabs^ quand ceux qui les font et ceux qui les écoutent savent, qu'ils ne sont que des plaisanteries ? Il n'y a pour les prendre au sérieux que le roi Hugon et son « espie «. Tous deux, en effet, s'imaginent que les Français, vont faire ce qu'ils disent. Ils le croient, parce qu'ils sont non des Français mais des Grecs, qu'ils ignorent que « gaber » est une habitude française, et qu'ils ne savent pas ce que sont des gabs.

Si*st tel costume en France, a Paris et a Chartres, Quant Franceis sont colchiet, que se joênt et gabent. Et si diënt amboreet saveir et folage. (v. 654-656).

L'auteur songe si peu à mettre dans la bouche de ses héros des propos « sérieux » et des projets réalisables, que ceux-ci sont tout surpris de voir le roi Hugon les mettre en demeure de les réaliser. La chose est aussi inattendue pour le public que pour eux, et le comique de la scène s'en accroît.

Il ne faut pas, en effet, isoler ces gabs de l'ensemble du poème et les considérer en eux-mêmes, sans avoir égard au rôle qu'ils jouent dans le récit. Leur raison d'être est de provoquer la méprise de « Tespie », la colère du roi Hugon et, par suite, de mettre les Français en fâcheuse posture. Si, plus tard, à leur propre surprise, ceux-ci tiennent leurs folles gageures et si, assurés de la faveur divine, ils osent tenir tête à Hugon, au premier moment, en présence des menaces du roi grec, ils se bornent à demander grâce. Ils plaident les circonstances atténuantes. Ils ont, disent-ils, trop largement usé des vins, qiie leur a fait verser la libéralité d'Hugon ; ils ont voulu plaisanter à la mode de leur pays '. Puis, quand ils sont seuls entre

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