LES OPINIONS ÉMISES
La question de la date domine l'étude tout entière du Foyage de Charlernagne en Orient. C'est celle qu'il importe de résoudre tout d'abord. C'est aussi celle qui a été le plus débattue et qui a reçu les solutions les plus diverses. Deux opinions cependant se dégagent qui résument la plupart des avis exprimés : l'une qui, s'autorisant des singularités et des nouveautés du poème, tend à le rajeunir, au moins relativement, l'autre qui, en dépit de ces nouveautés mêmes, le (Considère comme réellement très ancien.
La première est celle qui se manifesta tout d'abord et qui longtemps prévalut. Sans parler de Moland ', qui datait le poème du commencement du xiii* siècle, d'ailleurs sans en donner de raisons, on semblait d'accord pour l'attribuer au xii* siècle, au premier tiers, disaient De La Rue *, Francisque Michel ' et Léon Gautier *, au XII* siècle disaient, sans préciser davantage, Mail 5 et Gaston Paris ^ Jui-mème dans son Histoire poétique de Charlemagne.
L'opinion contraire n'était représentée que par Paulin Paris, qui * n'indiquait pas de date précise, mais considérait le poème comme très ancien et certainement antérieur à la première Croisade 7. C'est elle cependant qui a paru s'imposer, dès que le texte a été soumis à