Cf. suprdy p
3. Koschwitz oe relève dans le Comput qut deux cas d'élision sur douze formes observées. Cf. Romanische S indien, II, p. 36.
4. Cf. Stengel, Romanische Verslehre (Groeber, Gtandriss der romanischen Phihlo^ie, II, p. 40).
trop médiocres versificateurs, pour se priver de la précieuse ressource que leur offrait la faculté d'élider ou non telle ou telle forme. Alors même que la langue courante élidait, et depuis longtemps, devant une voyelle des mots comme /i, ço, fo, etc., ou les formes de conjugaison en -et atone, les poètes continuaient à employer la forme entière, quand pour leur vers ils avaient besoin d'une syllabe. De là vient que, non seulement dans le Computy mais dans des textes postérieurs comme le Roi Louis ou encore te Couronnement de Louis, les formes que nous avons étudiées se trouvent en hiatus devant une voyelle, parfois même dans une proportion plus grande que dans la Chanson de Roland *. L'emploi des formes pleines et des formes élidées a été avant tout, et de très bonne heure, un artifice métrique. Il faut renoncer à interpréter la proportion des unes et des autres dans un même texte comme le signe de son âge, et surtout, sur ce seul indice, à dater respectivement différents textes. Ce n'est donc pas l'étude des élisions, qui peut nous renseigner sur l'âge du Voyage en Orient, Tout ce qu'elle nous permet de constater, c'est qu'à l'époque où il fut écrit, tous les mots examinés, qui dans le Saint Alexis étaient encore intacts, avaient affaibli leur voyelle atone au point de la pouvoir élider. Mais le Roland et le Cotnput nous montrent, eux aussi, ce travail comme entièrement accompli. Tous trois, en ce qui concerne les élisions, se révèlent
I. Nous aurons plus loin Toccasion de comparer l'emploi des formes élidées dans le Couronnement et dans le Voyage. Nous verrons que, de ce chef, il est impossible de supposer entre les deux une différence sensible d'âge. En ce qui concerne le Roi Louis f on se reportera avec intérêt à Tétude faite par Heiligbrodt de la langue de ce fragment de poème, qu'il publia sous le titre de Fragment de Gormont et Isembard (Romanische Studien, III, 501-596). L'article masculin singulier H nous offre 7 cas d'hiatus et 4 seulement d'élision (cf. loc. cit. y p. 527-528). Sur trois cas, où le pronom personnel jo précède une voyelle, un est à écarter : le pronom étant postposé au verbe dont il est le sujet, Télision est impossible. Dans les deux autres l'hiatus est certain (cf. îoc. cit.^ p. 528). Par contre, si le poète n'élide pas/o, il éUde(» (cf. loc. cit,^ p. 529). Enfin, en ce qui concerne les formes verbales en -et atone, pous avons un seul cas, où l'hiatus est certain, deux, où il est seulement possible, et au contraire onze, où Télision est assurée. C'est le signe le plus net de la jeunesse relative du poème. Mais, pour toutes les autres formes, les éli^fons sont plus rares que dans le Voyage, qu'on considère cependant comme antérieur.
CouLET. — Voyage de Charlemagm en Orient. ' 4
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postérieurs à l'Alexis, maïs quel est leur âge respectif, et surtout quel est celui du Voyage par rapport aux deux autres, c'est ce que jusqu'ici îl nous est impossible d'apercevoir.