‹ Publications spécialesChapitre 200 sur 274 · I . Cf. vers 664, sq · texte numérisé non relu

I . Cf. vers 664, sq

prier ». C'est le même sentiment, qu'avait manifesté Charlemagne, mais plus brutalement et plus crûment exprimé. Dans cette scène le beau rôle n'est pas aux Français. L'intention du poète est de nous les montrer plus grossiers que les Grecs et aussi légèrement ridicules.

Enfin, si ce poète énumérant les splendeurs de Constantinople, avait seulement voulu nous peindre l'étônnement des Français, il lui suffisait d'en mettre, comme il le fait, l'aveu dans la bouche de Charlemagne '. Ils sont en effet ébahis de tant de merveilles, mais, quand le vent met en action les ingénieux mécanismes du palais, quand le palais se met à tourner sur lui-même et les instruments de musique à jouer, effrayés par l'orage du dehors et déconcertés par ces « enchantements », l'épouvante s'empare d'eux, et on nous les montre dans les attitudes les plus comiques. Charlemagne ne peut se tenir sur ses pieds et doit s'asseoir sur le pavé de marbre. Ses compagnons sont précipités à terre ; ils se cachent le visage, comme pour ne pas voir la mort venir. Ils se jugent perdus et ne voient aucun moyen de fuir.

Et dist li uns a Taltre : « mal somes entrepris

Les portes sont overtes, si n'en povons eissir ». (v. 390-392).

Le roi Hugon a pitié d'eux ; il les exhorte à reprendre courage. Et certes, Charlemagne ne demanderait pas mieux, rnais, par grâce, que ces prodiges cessent ! Ne sera-ce pas bientôt fini, demande-t-il au roi grec ? Quel besoin de nous montrer des héros épiques en pareille posture, si précisément l'intention du poète n'était pas de nous faire remarquer, qu'à certains moments, sous l'empire de certains sen-r timents, ces héros deviennent aussi comiques et ridicules, qu'ils sont par ailleurs nobles, majestueux et dignes d'admiration ?

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