I . « Par Deu, ço dist Tescolte mal gabement at ci
Quant le savrat li reis, grains en iert et marriz. » (v. 600-601). Quel mal y aurait-il» à ce que, par ses crisetpar le bruit qu'il pourrait faire, Bertrand mît en fuite toutes les bêtes sauvages, à quatre lieues à la ronde. Dira-t-on, que le roi en sersLgrain^ et marris , parce que «es bois et ses chasses pourraient se trouver dépeuplés? C'est aller chercher bien loin une raison, à laquelle Tespie n*a certes pas song;é ?
se vante-t-il d'ébranler la colonne, qui soutient tout le palais et de renverser ainsi le palais lui-même ? Il se contente de le traiter d'insensé et de souhaiter que sa gageure puisse ne se pas réaliser*. Si Aimer, grâce à son « chapel » enchanté, prétend jouer au roi ï^ugon les pires tours, lui boire son vin, lui manger son poisson et, toujours invisible, lui arracher barbe et moustaches, si Bernard se vante de provoquer une inondation qui détruira la campagne et la ville, il se borne à les appeler fous et « forsenez » *. Enfin, si Guillaume d'Orange s'engage, armé de sa « pelote » à renverser la plus grande partie des murs du palais, « l'espie » déclare simplement, qu'il ne veut pas le croire et il né souhaite qu'une chose, c'est que le roi le mette en demeure d'accomplir son dire ^
Tous les autres gabs ne présentent de danger ni pour la personne, ni pour les biens du roi Hugon, et le premier mouvement de « l'espie » est de les admirer et d'en rire. C'est une plaisante folie, à son avis, de prétendre, comme le fait Charlemagne, trancher d'un seul coup un cheval et son cavalier revêtu d'une double armure. Il rit de Naime et de ses nerfs si durs (v. 539), et il faut selon lui que Bérenger soit de « fer ou d'acier » pour tenir sa gageure (v. S S 2). Certains même de ces gabs lui apparaissent comme d'excellentes plaisanteries n'ayant rien de désobligeant pour le roi son maître ^, et il semble les approuver. L'idée de voir Turpin transformé en jongleur le ravit lui-même autant que les Français, et il s'écrie tout naturellement : « Cw/ gas est bels et bons » (v. 505). Lt gab d'Ernaut de Gironde lui parait un « merveillos gap » (v. 576), et le dernier celui de Gérin, le meilleur de tous ^
Il devrait donc, semble-t-il, faire entre tous ces gabs une distinction, accepter la plupart d'entre eux comme de bonnes folies et