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Cf. vers

Goulet. — Voy^^f de Cbarlemagtte en Orient. 24

nouveau rplç, il oublie ce qu'il pensait naguère des richesses de Hugon, auprès desquelles les siennes lui paraissaient vraiment bien peu de chose *. Ce n'est donc pas, parce qu'il est en effet plus riche que le roi grec qu'il refuse ses trésors, mais uniquement parce que

■ le poète continue à se conformer aux données de la légende primitive et qu'au surplus cette désinvolture de Charlemagne n'allait pas à rencontre des intentions de l'auteur. Ces deux traits ne sont en

. somme qu'une survivance du sens que renfermait cette légende. Ce n'est qu'à titre de leçon et de conseil accessoires, que le poète prêche ici le mépris des richesses. C'est un autre enseignement, qu'il a voulu, lui, donner à ses auditeurs, c'est une autre idée, qui lui a paru plus importante ou d'une application plus immédiate.

Quel est donc l'enseignement que nous donne le Foyage en Orient ? Ce qui s'en dégage d'abord, c'est une leçon très générale de piété et l'idée, qu'on n'a jamais recours en vain, à la bonté, à la clémence et à la toute-puissance divines. C'est la même vérité que des œuvres d'un autre genre, les « miracles », s'efforcent de mettre en lumière par des exemples répétés, mais par des moyens toujours assez sensiblement les mêmes. Un personnage quelconque commet un crime ou, par sa faute, tombe dans un grand embarras. Par bonheur, il est resté pieux et sa première pensée est d'implorer Dieu ou la Vierge, pour qu'ils viennent à son secours. Sa prière est entendue. Dieu et la Vierge sont touchés de la « repentance » du pécheur et un miracle se produit qui le sauve. Des remerciements et des actions de grâce suivent naturellement cette marque de la faveur divine. C'est là un type, une formule très souvent employés et auxquels se ramènent un grand nombre des Miracles de Nostre-Dame.

Il est curieux de constater que le Voyage en Orient, quoique appartenant à un genre littéraire différent, semble construit sur cette même formule. La pièce maîtresse en est aussi une prière, qui, elle aussi, détermine une intervention destinée à sauver des pécheurs repentis. On peut le regarder comme un « miracle » racontant une aventure analogue à celle que les vrais « miracles » mettaient en action et dans

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