Cf. La Mort Aymeri, éd. Couraye du Parc, pp. vi. sq
Î9é CHAPITRE V
grande diffusion dans le monde des trouvères et dans le pubi ami des chansons de geste '. Ce qui est probable, c'est qu'en cet foire de l'Endit, pour laquelle il fut composé, il dut amuser foll ment l'auditoire de bourgeois et de menu peuple assemblé poi l'écouter. Venus, sans doute, pour entendre un bon récit de guerr et de batailles, comme en composaient les trouvères, ils furer peut-être, un peu surpris d'entendre une chanson, qui ressembla si peu aux autres. Mais il y avait dans ce conte moral tant de fanta sie et tant de scènes amusantes, qu'ils acceptèrent aisément d conseils et une le<;on, présentés d'une façon si plaisante. Le suce du Voyage en Orient ne fut pas douteux, mais les trouvères et leu jongleurs, en ne le répandant pas, empêchèrent que ce succès e: un lendemain et que le poème eût en France la large popularité, qi ses mérites auraient dû lui assurer, jusqu'au jour, où l'auteur c Galien véritablement le recréa, il resta, sans doute, ce qu'il était, u poème isolé, étranger à la grande famille des chansons de gest dont il blâmait l'esprit, dédaigné des trouvères et peu connu de lei public ordinaire.
On dirait, au contraire, que cette popularité et cette diffusîoi qui, en France, firent défaut au Voyage en Orient, lui furent accordéi à l'étranger, dans les littératures, qui, au moyen âge, s'inspirèrei si largement de nos poèmes et de nos légendes épiques. Ici encoi cependant, il importe de distinguer nettement ce qui concerne la tr dition de la légende latine représentée par la Descriptio et celle t notre poème lui-même.
La Descriptio, en effet, à l'étranger comme en France, a servi c base non seulement à des chroniques, à des récits plus ou moii cléricaux, mais aussi à des textes d'un caractère moins tendancieu; A ceux, que nous avons déjà cités ", on peut en ajouter d'autres
1 . « Ce récit, bien qu'il ne nous en soit resté qu'un texte, a dû jouir d'une as» grande popularité. » Gaston Paris, Hiiloire poéliqut de Charirmagiie, p. }4 Cf. de même Nyrop, Sloriit deU'tpo^a francae, irad. Gorra, p. 1 18.