‹ Publications spécialesChapitre 232 sur 274 · Cf. tupra, pp. aî7 sq · texte numérisé non relu

Cf. tupra, pp. aî7 sq

telle livre, écrit en i340parLéopoldde Bebenburg \ telle la célèbre compilation connue sous le nom de Karlmeinet * et tel le poème anglais de Charlemagne et Roland.

Mais notre .poème lui-même a été, à n'en pas douter, très connu à Tétranger. Si nous n'en avons pas la preuve en ce qui concerne l'Allemagne ^ du moins retrouvons-nous sa trace en Italie, en Angleterre et dans les littératures du nord de l'Europe. Dans certains même de ces pays, il semble avoir joui d'une véritable popularité. Mais, il n'en faudrait pas conclure, que c'est son caractère héroïque et épique, qui a assuré sa diffusion. C'est au contraire, parce qu'en ces pays on avait moins le sentiment de notre ancienne épopée et de sa vraie nature, qu'on a pu confondre la légende et le poème du Voyage en Orient avec les traditions et les récits épiques, et que tous ensemble ils ont profité de la faveur universelle, dont jouit au moyen âge la légende carolingienne.

Du reste, en Italie même, les remaniements, où se retrouve la légende du Voyage en Orient et dont le plus connu est celui du Viaggio di Carolo Magna in Ispagna, intéressent plus l'histoire des Galien que celle de notre poème. Ils remontent tous, en effet, à un Galien français*. La transformation radicale, qui a fait sortir en France la légende du Voyage de l'obscurité, où la confinait son caractère primitif, a eu les mêmes effets auprès des remanieurs et du public italiens. C'est le Galien qui l'a répandu, et le Voyage en Orient y n'a été connu en Italie, que comme un élément de la légende romanesque qu'était celle de Galien.

1 . Le titre en est cité par Gautier, Épopées françaises y 2* édition, III, 294 : « De veterum principum germanorum ^eh et fervore erg a religionem christianam, » Cf. Gaston Paris, Histoire poétique de Charlemagne ^ p. 120.

2. Le Karlmeinet raconte en effet le Voyage en Orient d'après Vincent de Beauvais, lequel, comme nous l'avons vu, se référait uniquement à la Descriptio. Cf. supray p. 241. Cf. Bartsch, Ueher Karlmeinet y pp. 46-57, etRauschen, Die Légende Karls des Grossen, p. 146.

3. Il faut noter en effet que la Kaiserchronik ignore le poème comme la légende latine. Elle ne mentionne pas davantage le Pseudo-Turpin, Peut-être ne les a-t-elle écartés de sa compilation, qu'en raison de leur caractère spécial, étranger à celui des véritables récits épiques.

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