Cf. Koschwitz, Sechs Bearheitungeny p
excusabl'î de la part d'un étranger, peu familier avec ce qui constitue l'essence de notre poésie héroïque. En tout cas, elle semble bien avoir été isolée. En Angleterre, le Voyage a été surtout connu et répandu comme une sorte de complément au Pseudo-Turpin et comme une œuvre d'esprit assez semblable. La popularité, dont il y jouit, est, sans aucun doute, d'une autre nature que celle, qui, de ce côté du détroit, accueillit au moyen âge les productions de notre épopée nationale.
C'est à une erreur analogue à celle du traducteur gallois, que semble due la longue célébrité, qu'a obtenue notre poème, transporté dans les pays du Nord. C'est là surtout, qu'une fois implanté, il semble avoir poussé les plus nombreux rejetons et les plus vivaces. Recueilli par l'auteur de la Karlamagnus-Saga, il est représenté, actuellement encore, par six manuscrits, de ce recueil, où nous le retrouvons soit en entier, soit par fragments. On en a aussi une version en ancien suédois, reproduite également dans plusieurs manuscrits. Il est passé en Danemark, où il forme une partie de la chronique connue sous le nom de Keyser Karlls Magnus Krônicke. Il figure, remanié, dans le poème vieux-nordique des Geiplur, se retrouve dans le poème de Geipa-Tâtiur^ écrit au xvi* siècle dans la langue des îles Féroé, et dans certains remaniements en islandais, de la chronique danoise *.
On pourrait, non sans quelque vraisemblance, considérer que ces différentes formes, où revit notre poème, ne sont que les témoins d'une plus large diffusion et ce qui nous reste de nombreux remaniements aujourd'hui disparus. Mais, à notre avis, leur existence atteste moins la popularité de notre poème lui-même, que celle, qui, dans tous les pays du Nord, s'attacha à la riche compilation qu'est la KarlamagnuS'Saga. Toutes, en effet, remontent, directement ou indirectement, à la Saga nor\'égienne. La version suédoise comme la chronique danoise ne font que la traduire, en la résumant plus ou moins. Le poème des Geiplur s'inspire d'elle directement et représente même un état du texte meilleur que celui des manuscrits conservés de la Karlamagnus-Saga '. Celui de Geipa-Tâttur et les