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Cf. Kôlbing, Gennaniay XX, p

CouLET. — Voyage de Cbarlemagne en Orient. 26

récits^ que 1 on retrouve en Islande, remontent paiement à elle, par Tintermédiaire de la chronique danoise '.

C'est donc uniquement au compilateur anon\'me de la KarlàmagnuS'Saga^ que le Voyage en Orient doit sa diffusion dans les littératures du Nord. C'est lui, qui, en le recueillant, a fondé sa popularité dans des pays, qu'enthousiasma longtemps la légende de Charlemagne. Il le recueillit lui-même, comme il faisait de tous les récits où figurait le grand empereur, sans avoir ^rd à la nature et au caractère véritable de ce poème. Il ne se préoccupa, en effet, jamais de n'accueillir que des documents de même origine et de même esprit. Sa légende de Charlemagne est formée d'éléments très divers et n'est pas uniquement empruntée à notre l^ende héroïque ni à notre poésie populaire. La preuve en est, que, dans son recueil, à côté de notre poème, figure l'autre forme, qu'a donnée à la légende du Voyage en Orient la Descripiio de Saint-Denis. Il recueille avec le même soin telle ou telle chanson de geste et la Chronique de Turpin '.

La présence du Voyage en Orient dans la Karlaniagnus-Saga ne peut donc rien prouver quant au vrai caractère du poème, et rien non plus sa popularité chez des peuples, qui pouvaient ne pas pénétrer la vraie nature de nos légendes et de nos poèmes héroïques. Sa singularité, ses étrangetés, qui le rendirent suspect à nos trouvères, firent peut-être son succès auprès d'eux. Il a pu être très goûté à l'étranger, tandis qu'en France on se refusait à le reconnaître pour une véritable chanson de geste. C'est ce dernier fait surtout, qu'il importe de retenir : il est une nouvelle preuve en faveur de notre conclusion et de la façon, dont il feut, d'après nous, entendre le poème.

1. Cf. Kôlbing, ibidetfty p. 236 sq. et Koschwitz, 4c édition du poème, p. m.

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