‹ Publications spécialesChapitre 242 sur 274 · Cf. Koschwitz, 4e édition du poème, p. xxxvii · texte numérisé non relu

Cf. Koschwitz, 4e édition du poème, p. xxxvii

choses de l'abbaye et de ses traditions, le fait, qu'il défend ses intérêts," tout en servant la cause de la morale chrétienne, permettent de supposer, que ce Franc de France et que ce clerc était, comme l'auteur de la Description un moine de l'abbaye de S*-Denis.

Voilà, tout ce que l'on peut savoir de celui, auquel nous devons une des œuvres non pas seulement les plus curieuses, mais les plus remarquables et les plus représentatives de notre moyen âge. On peut regretter de ne pas le connaître mieux, mais à défaut de son nom, nous avons son poème, auquel son vrai caractère reconnu assure, en lui donnant un autre sens qu'on ne faisait jusqu'ici, une valeur historique considérable.

la place du poème dans la littérature du moyen age.

l'Épopée cléricale

Par son caractère moral et pieux, le Voyage en Orient convient donc, plus complètement encore, qu'on ne lavait vu jusqu'ici, à la destination spéciale que lui avait fixée le poète, qui l'écrivit pour être récité à la foire de l'Endit et à l'occasion de la fête des reliques de Saint- Denis. Il lui assigne aussi une place à part parmi les oeuvres et les poèmes, qui durent leur naissance à cette même circonstance.

La littérature, que firent naître cette fête et cette foire, est loin, en effet, de porter la marque d'un même esprit dévot et moralisant. Si l'on en juge par le poème de Fierabras^ les trouvères, qui composaient ou remaniaient une chanson, pour être récitée à la fête des reliques de Saint-Denis, se bornaient à rappeler, tant bien que mal, au besoin même en l'inventant, l'origine de la fête et l'histoire de ces reliques '. Par ailleurs, leurs poèmes ne se distinguaient pas des chansons récitées en de tout autres circonstances. Leur seul objet était, en effet, d'amuser le public. Ni le sujet, ni l'esprit, dans lequel il était traité, n'avaient rien de particulièrement édifiant et pieux.

C'est qu'en effet le succès considérable de la fête des reliques dut en altérer rapidement le caractère. L'importance de la foire dont elle fut l'occasion, les amusements et les réjouissances qui en furent l'accompagnement, en développèrent d'autant plus vite l'élément purement profane, qu'à cette transformation l'abbaye elle-même se trouvait intéressée. La plupart des œuvres, que fit naître cette fête, s'adressaient à un public, qu'avait, sans doute, attiré la vénération des

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