‹ Publications spécialesChapitre 245 sur 274 · Cf. Paul Meyer, op, cit., Introduction, p. xvii-xviii · texte numérisé non relu

Cf. Paul Meyer, op, cit., Introduction, p. xvii-xviii

3. Cf. Stimming, Proven^aliscl)e Literatur, p. 11, in Grœber, Grundriss der romaniscfjen Philologie.

la vraie généalogie d'Alexandre. Certains, qui retracent la vie du héros, ont prétendu qu'il était fils d'un enchanteur. C'est un pur mensonge. Il sait, lui, qu'il eut pour père Philippe, fils d'Amyntas, et que sa mère Olympias était sœur d'Alexandre, roi d'Épire. Comme la rectification devait peu intéresser un auditoire ou des lecteurs populaires, il faut penser, que c'est pour lui-même que l'auteur s'est donné la satisfaction de rétablir la vérité historique. Ce sont là des scrupules, auxquels un trouvère ordinaire restait étranger, et qui nous prouvent, tout comme sa connaissance du latin et des sources écrites de l'histoire d'Alexandre, qu'Albéric de Briançon était un lettré et un clerc.

Sa personnalité et l'objet très spécial de son poème transparaissent surtout dans ce que nous raconte le fragment, qui nous en est resté. Peu de chose, semble-t-il, si l'on songe, que, à part sa généalogie, il n'y est question que de l'éducation reçue par le jeune Alexandre. Encore, le fragment s'interrompt-il avant que le tableau en soit achevé. Mais, précisément, le détail de cette éducation est intéressant, car, en nous montrant les soins pris pour former à son futur état le jeune prince, l'auteur nous révèle l'idéal, qu'il se fait d'un véritable chevalier, monarque ou simple seigneur.

Or, cet idéal est à ce point particulier, qu'on l'a considéré comme un des traits les plus significatifs du poème ^ Il y a loin, en effet, des héros de l'ancienne épopée, superbes et vaillants, niais ignorants et frustes, à cet Alexandre, que l'on nous montre instruit dans tous les ordres de connaissances. Sans doute, il apprend, lui aussi, à manier l'écu, la lance et l'épée. On lui apprend encore la guerre et comment, au soir et au matin, il faut faire le guet contre son voisin (cf. V. 94-97). Mais, contrairement à ce que pense M. Paul Meyer ', l'art des armes occupe la moindre place dans cette éducation qui est, avant tout, une culture intellectuelle et morale. Dès l'enfance, en effet, on enseigne au jeune Alexandre le grec et le

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