Cf. Aiol, éd. Normand et Ra3'naud, p. xxxu
2. Cf. Gakton Paris, Littérature française au moyen âge, 2« éd .,p. ;i. Une chose pourtant certaine, c'est que les aventures et la vie d'Aiol n'ont aucun rapport, même lointain, avec les légendes du cycle méridional. La généalogie d'Albéric de Trois-Fontaines fait de lui un petit-neveu de Guillaume d'Orange, parce qu'elle lui donne pour père Éiie de Saint-Gille, devenu Ëlie de Provence, neveu lui-même de Guillaume par sa mère (cf. Monum, Germ. hist. Script,, XXIII, p. 716 et Aiol, Introduction, p. xxxn). Mais Ton sait, que cette dernière parenté a été imaginée, de toutes pièces, sur une simple homonymie, par un remanieur récent, qui voulut rattacher l'un à l'autre les deux poèmes indépendants d'Aioï et de Èlie de Saint Gille (cf. Aiol, Introduction, p. xxiv). Entre le comte Élie, père d'Aiol, originaire du nord de la France et le seigneur méridional qu'est Ëlie de Saint-GiUe, il n'y a qu'un nom de commun. Par suite, en admettant même que le poème (ÏAiol fût bien une chanson de geste, il faudrait le retrancher du cycle de Guillaume.
j. Cf. Gaston Paris, Littérature française au moyen dge, 2« édit., pp. 46-47.
générosité, de loyaiaté ne ressemble aux. héros épiques du temps ', ni le roi Louis, tel que nous le représente le poème % à la fois juste, actif et courageux ne rappelle le monarque faible et humilié, que l'épopée nous fait connaître. Surtout, la première partie dû poème actuel, la seule, qui nous reste de VAiol primitif, et qiiî nous en ait conservé le caractère, n'est pas conçue dans le ton et dans l'esprit des chansons de geste. Par les détails, qu'elle nous donne sur la vie et les habitudes du temps, elle serait plutôt un roman de mœurs \ et d'autre part, par le ton général, elle se rapprocherait du fabliau '*, si même certaines scènes n'avaient paru à certains contenir une satire et une parodie de la vie chevalieresque K Ce sont des singularités de même sorte, qui nous ont amené à douter du caractère épique du Voyage en Orient, et l'on peut se demander, si, pour VAiol aussi, il n'est pas illégitime de faire abstraction de tout ce qui lui est particulier, pour le confondre, à tout prix, dans la foule des chansons de geste.
Au surplus, pour lui aussi, il est aisé d'établir, que son sujet et l'esprit, dans lequel il est traité, le distinguent absolument des productions de l'épopée populaire. Les événements racontés n'ont rien d'historique et sont très probablement une invention pure et simple de l'auteur. On ne connaît pas de personnage ayant réellement porté le nomd'Aiol, et qui fut fils d'un comte Élie. On a, par suite, renoncé à chercher un fondement historique à la légende de ce personnage sans réalité. Tous les efforts de la critique ont eu simplement pour but de la rattacher à celle de son père, dont on a cru trouver l'origine dans l'histoire véritable.
Sans doute, on reconnaît que la légende de ce comte Elie n'a rien à faire avec celle d'Elie. de Saint Gille, ni avec les faits historiques, qui ont pu donner naissance à celle-ci. Mais on a cru pouvoir iden-