Cf. v. 405-407 ; « Che seront Sarrasin, Turc et Persant
Qjji por lui querront Diex omnipotent Et prendront baptestire veraiement. »
4Î0 CHAPITRE Vil
Aiol y était accompagné des « chevaliers et bons sergents », auxquels il avait fait rendre leurs honneurs et leurs terres. Cette expédition avait peut-être le sens d'un acte de reconnaissance à l'égard d'Aioi, leur protecteur, ou du roi qui leur avait rendu justice et dont ils allaient venger les injures. Elle n'aurait pas été l'épisode banalement romanesque, qu'elle est dans le remaniement. Comme le reste du poème, elle aurait son caractère propre et une signification morale.
La partie remaniée diffère, en effet, absolument de ce que devait être le poème primitif et de ce qui nous en a été conservé ' . Autant elle nous paraît banale, autant celui-ci nous semble avoir traité avec originalité les situations et les thèmes, qu'il empruntait à l'épopée populaire. Le remanieur a fait effort pour mettre la seconde partie au goût du jour, et pour la modeler, en quelque sorte, à l'image de l'épopée, dont le poème primitif différait trop. Il a employé, dans cette partie qui est son œuvre propre, l'alexandrin, qui est alors le mètre épique à la mode. Mais même dans celle, dont il respecte le caractère et la forme, dans la partie en décasyllabes, il y a des traces de remaniements, qui avaient, sans doute, pour but de mettre les deux parties à peu près en harmonie et de leur donner à toutes deux un même caractère banalement épique '.