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3. C'est ainsi, que, quand il fait ses premières armes et tue son premier Sarrasin, c'est sans le savoir. Il ne voulait pas lui faire de mal ; il a frappé trop fort et voulait simplement prendre part à la lujtte courtoise, que se livraient entre eux les quatre « escuiers » (v. 645 sq.). Quand il voit son adversaire mort, il en a du regret et souhaite, qu'au moins sa victime soit un Sarrasin (v. 649-650). Par contre, quand il s'en est assuré, il ne regrette plus ce qu'il a fait et n'hésite pas à tuer les compa» gnons du mort, qui veulent le venger . Une autre fois, de même, il attaque par erreur le roi de France. Comme il ignore le blason, il n'a pas reconnu ses armes

s'acquitter d'un devoir en tuant des païens. II se ferait, en tout cas. ■ scrupule de frapper un chrétien '. Il n'est pas en effet un chevalier « desmesuré », qu'anime uniquement le souci de sa « gloire » et le désir d'être en tout et toujours le premier. Il n'obéit pas uniquement à ses passions et se connaît d'autres devoirs.

Ce qui, en effet, achève de caractériser l'éducation d'Aiol, c'est qu'elle est aussi et surtout une éducation morale. Le très long « chastiement », que son père lui adresse au moment du départ, résume les conseils, dont, sans doute, journellement il lui recommandait la pratique. Ils ne sont pas particuliers à la condition d'Aiol et conviennent à tous les états. Et cela est déjà un premier enseignement pour un chevalier, qui pouvait être tenté de se croire audessus de la morale et des devoirs communs. Ce qu'Élie recommande à Aiol, c'est de ne jouer ni aux échecs, ni aux « tables », de ne pas rechercher la femme d'autrui et de fuir celle qui voudrait l'aimer. Qu'il évite de s'enivrer ', Qu'il honore l'âge et le mérite, mais que pour tous, pour les petits comme pour les grands, il ait des ^ards et que jamais il n'insulte à la pauvreté ni au malheur (v, 165-178). Qu'il n'ait jamais société avec les méchants (v. 329-

330). Qu'il ne se laisse pas éblouir ni intimide '"' '''■' ''"

la richesse et de la puissance. 11 peut sans craim ment équipé et vêtu, aller à la cour du roi. Il duc, ni de comte plus « franc » que lui (v. 184-li son équipement, son cheval, sa lance, son écu, heaume peuvent bien sembler vieux et pauvre dant pas de meilleurs, et, de fait, c'est avec eu) tous ses exploits.

et croit combattre un chevalier du comte de Bourges (v. î; prend le poète d'insister sur la méprise atteste, qu'il n'a jani quelconque d'Aiol à l'égard du roi. Quand Aiol reconnai sa victoire, s'en excuse auprès du roi (v. 34Z2-;4}o) t hommage (v. J454).

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