Onques mats nevi ^ou home sosiel
« Mautalent pardonasl si volentiers i (v. ]65i-j6}2).
3. Une fois il est sur le point de s'emporter (v, looo-ioio), mais il se rappelle le « chasiiement » de son père et répond « bellement ■ et avec " humilité u a ceuR qui ne font que l'injurier. Une autre velléité de colère est pareillement réprimée (v. Ï790 sq,). Une fois, par contre, il se laisse vraiment emporter et attaque le frère de Makaire qu'il tue (v. 1790 sq.). Il est très probable-, que nous avons affaire là à un passage remanié. Partout ailleurs, en effet, Aiol se défend d'attaquer Makaire lui-même. En outre, dans toutes ses aventures, il garde l'incognito. Or, aux vers HOS'iSiOi ■! se découvre en défiant le frère de Makaire, qui a déshérité ses parents et les a chassés de France. Les deux choses sont en contradiction avec la donnée générale du poème primitif. Un peu plus loin, il parle de la r guerre » d'Ëlie (v. i;24-ij2j) et cela aussi parait être une erreur du remanÉeur, puisque, au contraire, le poète veut nous montrer, que Aiol n'attend que de son bon droit et de la justice de Louis la réparation des torts qu'on leur a faits. Pour l'obtenir, il ne manifeste jamais l'intention de faire la guerre A Makaire ni à personne.
4. Si, une fois (v. 231) sq.), il menace Makaire de le tuer, s'il le « rencontre ->,
ennemis il n'use ni de l'insulte ni de la violence, qui lui paraissent également indignes de lui. Il reste indifférent aux injures qu'on lui prodigue *. Il met son honneur à supporter tous les gabs *, se rappelant qu'Élie, son père lui a dit :
Que li hom qui plus tenche plus est bonis, (v. 2764).
Quand, par quatre fois, des « lécheors » ivres, allant plus loin dans l'outrage, osent porter la main sur son cheval (v. 911 sq., 1034 sq., 2564 sq. et 2895 sq.), Aiol dédaigne encore de frapper : c'est Marchegai, le bon destrier, qui fait justice, en étendant l'insulteur à ses pieds (v. 925, 1036, 2507, et 2903) ^
A tant de magnanimité s'unit une loyauté sans égale. Quand il apprend que le comte de Bourges, son prisonnier, est son propre cousin et qu'il n'a pris les armes que pour le venger, lui Aiol, et son père, il est tout ému d'un tel dévouement. Il le livre cependant au roi, parce que c'est son devoir, mais en même temps, au nom du service qu'il vient de rendre à Louis, il demande et obtient la grâce de son cousin ^. Sa loyauté s'exerce de même à Tégard d'un
la suite du poème montre, qu'il oublie vite sa menace. En effet, quand il se trouve en présence de son ennemi, quoique « irié » (v. 3568 sq.), il contient sa colère et va jusqu'à intervenir auprès du roi en sa faveur (v. 3582-3583). Il s'incline même parfois devant Makaire et le traite avec déférence, en raison de son âge et de sa noblesse (v. 4306 sq.). Quand il lui reproche de-nepas accueillir, comme il devrait, l'avantage qu'il veut lui faire, c'est sans emportement et avec beaucoup de dignité (v. 4320 sq.). Et il ne se venge de lui, qu'en servant le roi, et malgré lui, Makaire (v. 3723-372S).