I. Cf. supra, p
CouLET. — Voyage de Cbarlemagne en Orient. 39
4$0 CHAPITRE Vil
Gaston Paris, leur place est à côté des contes pieux et moraux et des « miracles ». Il y a, en etTet, plus d'analogie entre le f^ojage at Orient et tel ou tel des MiracUs de Sostre-Dame ', ou encore entre le poème d'AioI et le conte du Clxvalier au Barisely par exemple, qu'entre ces poèmes moraux et une chanson de geste quelconque. Sous une forme différente, narrative ou dramatique, toutes ces œuvres visent en effet le même but édifiant et moral. Ce que le clergé devait (aire plus urd avec tant de succès par le moyen de ses « drames », il le fit d'abord, en utilisant la passion de nos ancêtres pour les beaux récits. A côté des récits bibliques et des l^endes hagiographiques d'esprit plus directement dévot, s'est développée, par les soins du clergé, une littérature narrative empruntant ses personnages et sa matière à une humanité plus voisine de ses lecteurs, et cependant également édifiante et morale. C'est à elle, que se rattachent les contes moraux, qu'on a dès longtemps reconnus comme d'origine cléricale '. et les poèmes plus étendus que nous venons d'examiner. Ce qui distingue ces deux sortes de récits, outre la différence toute extérieure de leurs dimensions, c'est la ponée de la leçon morale, propre à chacune d'elles. Des contes moraux, ce qui se d^age, c'est un précepte très général de piété et qui convient à toutes les conditions. Et, sans doute, nous avons montré, que le public très populaire et très mêlé, qui écoutait la récitation du Voyage en Orienty pouvait, sans distinction, en tirer un profit moral. De même, la fin édifiante du Girart de Rousnllon et l'ensemble des poèmes Ôl Alexandre et A* Aiol pouvaient être utilement proposes à n'importe quel auditoire. Il n'en reste pas moins, que par la condition des personnages pris comme exemples, par la nature surtout des travers attaqués ou des vertus recommandées, la leçon morale qu'ils renferment s'adresse plus particulièrement à la société féodale et chevaleresque. C'est elle surtout, qu'il faut définitivement détourner de sa passion pour les chansons de geste, où continue à s'exprimer un idéal de vie trop incomplet, trop insoucieux aussi de la morale chrétienne, et contre lequel l'Eglise