Cf. Luchaire, op. cit. y p
3. La première des fié'«/(//f/i(m5 du Chei*alier se trouve dans un cérémonial de l*Ëgiise romaine, contemporain de l'empereur Otton III, qui règne de 996 à 1002. Cf. Luchaire, op. cit. y p. 141.
comme le Girard de Roussillon actuel, et sans doute comme plusieurs autres poèmes perdus, se rattachent à l'œuvre de longue haleine entreprise par le dergé, et qui eut pour effet de transformer la féodalité française pour en faire surtout une chevalerie religieuse et chrétienne.
Les trois études, qui précèdent, avaient pour but de répondre aux deux questions essentielles, que nous nous étions posées tout d'abord, celle de la date et celle de la nature du Foyage de Charlemagne en Orient \ Nons les avons examinées indépendamment Tune de l'autre, et l'étude de la nature du poème justifie pleinement notre refus de tirer de son contenu une indication quelconque sur la date de sa composition *.
Le poème tout entier porte la marque d'une individualité trop forte, pour que la situation de Jérusalem, telle qu'il nous la montre, et qu'on prétendait identifier avec un moment déterminé de l'histoire de la ville sainte, n'ait pas subi, elle aussi, l'influence de sa fantaisie. Jamais, en tout cas, l'indépendance absolue, que lui attribue le poète, n'a été une réalité '. Elle n'est qu'une imagination de ce poète, laquelle a pour fondement premier des traditions et des croyances d'origine cléricale, que l'état de choses nouveau, institué par les Croisades, rendait accessible au peuple. Ici, comme partout ailleurs dans le Voyage en Orient^ le poète a imaginé, conçu et combiné, en pleine liberté, les éléments de sa représentation. C'est un artiste conscient, qui, voulant donner à ses auditeurs une idée de ce qu'était Jérusalem au temps de Charlemagne, s'est uniquement attaché à lui en présenter une image aussi simplifiée et aussi vraisemblable que possible. Son silence à l'égard de la Croisade est donc tout naturel, et cela ruine à jamais toute possibilité de l'interpréter comme la preuve, que le poème aurait été écrit avant elle.
En réalité, l'étude seule de la langue pouvait nous fixer sur la date, comme celle du récit sur la nature du poème. Tout au plus, pouvons-nous faire remarquer, que la destination certaine du Voyage