Cf. supra, p
45 6 cc»iCLUsios
blance, c*esc leur popalarité même, qui les a imposés au choix de l'auteur du Voyage en Orient. Il est également certain, au témoignage de notre poème, que la geste a déjà commencé à s'organiser et que ces différents héros sont déjà unis par un lien, qu'ira toujours renforçant le succès du cycle. Guillaume, Emaud, Bemart et Aîmer sont frères ; ils ont pour père Aimeri, et Bertran est le fils de Bemart. Mais il n'y a là rien, que nous ne sachions, ou que l'on ne puisse supposer d'après les chansons dû cycle, qui nous ont été conservées. Par contre, la £içon, dont le Voyage nous parle d'Aimeri, ne permet de supposer ni que sa' Ëimille comprend déjà tous les fils, que lui attribue Tépopée postérieure, ni même qu'il est déjà en possession de son fief épique et qu'il est devenu Aimeri dé Xarbonne *. Le peu de personnalité, anribué aux héros narbonnais, pourrait indiquer, que l'épopée populaire n'a pas encore bien déterminé leurs physionomies et que leur l^ende ne s'est pas encore imprimée bien fortement dans les croyances populaires. Mais il est plus naturel de considérer, que l'ignorance de la l^ende de Guillaume, attestée par le Voyage ', est particulière à son auteur. Il était d'autant plus excusable de ne pas connaître les choses de l'épopée, qu'il n'était pas un trouvère et qu'il n'écrivait pas une chanson de geste.
Cette constatation a aussi pour effet de rendre vain l'intérêt très spécial, que l'on portait au poème, quand on prétendait tirer de son témoignage telle ou telle indication sur l'évolution de notre épopée nationale ^ On voit maintenant, que ni ses dimensions, ni le mètre, dans lequel il est écrit, ni aucune de ses prétendues particularités, qui, à vrai dire, n'étaient telles que par comparaison avec les chansons de geste, n'intéressent, à aucun titre, l'histoire d'un genre, auquel il n'appartient pas. Dès lors, toutes les explications tombent, par lesquelles on s'efforçait de les justifier, pour ensuite,en s'appuyanc sur notre poème, donner ces hypothèses comme autant de réalités.