I. Cf. Lani^loiSy op. cit. ^ p. cxLviii
Goulet. — Voyage de Charlemagru en Orient. 5
66 CHAPITRE m
Voyagty en eflfet, on ne trouve que deux tirades» Tune (XXVIII) en -m, l'autre (XLIX) en ain,..ey d'où sont exclus les mots en ^ ou e...e. Mais le contraire n'était pas prouvé, par suite de l'absence de tirades en ç ou ç...e. Dans le Couronnement au contraire, à côté de tirades en ai, nous en avons d'autres en { et e,.,e et dans celles-ci l'on ne relève aucun mot assonant en ai ou ai.. e\ D'autre part, il présente des exemples certains dé Tassonance primitives : a. Il n'y en a aucun, il est vrai, dans les i8 vers formant les 2 seules tirades (IV et XI) en -ai. Mais, dans les assonances féminines en a...ef représentées par un plus grand nombre de vers et de tirades (9 tirades comprenant plus de 300 vers), on relève 8 mots en ai...e'^.
Enfin, de ce petit nombre d'assonances archaïques et de la présence des deux strophes assonant purement en -aiy on peut déduire que, dans le Couronnement comme dans le Voyage^ le son aï, qui n'assone pas encore en f, assone surtout et presque exclusivement avec lui-même. La langue du Couronnement paraît donc moins avancée que celle du Roland, où le développement du son ai est achevé et où l'homophonie ai : e est complète. Il est clair cependant que le Couronnement ne peut être antérieur au Roland. La diflFérence tient donc à ce que les deux poèmes n'ont pas la même origine, et que pour le son ai, comme pour le traitement des sons an et en, celui auquel appartient le Couronnement retardait sur celui du Roland ^
Cest évidemment de même façon, qu'il faut expliquer celle que l'on constate pour le traitement de ce son entre le Voyage et le Roland. Comme ils appartiennent à des dialectes différents, il n'est pas étonnant qu'ils nous présentent le même son différemment traité, mais la comparaison avec le Couronnement nous prouve, que celui qui nous présente le développement du son le moins avancé n'est pas forcément le plus ancien. Il peut être le plus récent et le retard qu'il accuse peut tenir uniquement à la lenteur, avec laquelle le dialecte auquel il appartient a fait évoluer ce son. Et au contraire.